Rizières en terrasse de Yuanyang

Des paysages artistiques façonnés par l'homme

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Adresse

Xian de Yuanyang, Xian de Honghe, Yunnan, Chine

GPS : 23.093014247248, 102.80779129894

Itinéraire

La ville de Yuanyang est située au sud-ouest de la Chine dans la province du Yunnan, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la frontière avec le Viêt Nam. Cette région montagneuse paisible, au climat subtropical, abrite les plus vastes rizières en terrasses au monde. Semblable à une grande peinture abstraite vu du ciel, le site de Yuanyang figure parmi les plus beaux paysages de rizières en terrasses du pays avec ceux de Longsheng (région de Guangxi), Jiabang (Guizhou), Gaoyao (Guizhou) et Fengyan (Shanxi). Ses champs de rizières à perte de vue sont surnommés les escaliers du ciel.

S’étendant le long de la rive sud de la rivière Rouge, Yuanyang forme un paysage sans fin de rizières sur plus de 160 km² de superficie (sans compter les zones voisines de Honghe, Lüchun et Jinping). Cette zone agricole est façonnée depuis des siècles par les peuples Hani et Yi jusqu’au versant sud des montagnes Ailao. Chaque promontoire, colline ou butte est transformée en zone de culture en terrasse, qu’elle soit située au niveau de la cime des arbres à haute altitude ou en bordure de rivière dans les vallées de moyenne ou basse altitude. La grande majorité d’entre elles n’est utilisée qu’une seule fois par an pour la culture du riz et reste submergée le reste du temps. La plantation débute traditionnellement au début de la mousson, fin mai. En août, la production des rizières mûrit et les agriculteurs peuvent récolter le grain en septembre. Certaines parcelles sont empilées les unes sur les autres et flirtent avec les 3 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les pentes abruptes des rizières en terrasse de Yuanyang atteignent par endroits jusqu’à 75 degrés d’inclinaison. Plusieurs milliers de fossés et canaux d’irrigation, qui font l’objet d’un entretien minutieux chaque année, approvisionnement en eau les rizières. Ce savoir-faire ancestral, respectueux de la nature, prévaut à ses ingénieurs agricoles issus de minorités ethniques le surnom d’artistes ou de sculpteurs de montagnes.

Créée puis transmise de générations en générations, cette méthode de culture du riz en escalier est officiellement reconnue sous la dynastie Ming (1368-1644) bien qu’elle soit déjà mentionnée dans des écrits datant de la dynastie Tang (VIIe au Xe siècles). Son succès est tel qu’elle sera reproduite dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est (Viêt Nam, Thaïlande, Philippines, Indonésie…) au Moyen Âge ainsi qu’au Japon et au Népal.

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  • La beauté paysagère des rizières en terrasses de Yuanyang (les plus vastes au monde) ; un symbole de l’agriculture traditionnelle chinoise ; le caractère hautement photogénique des lieux
  • Le paysage en constante évolution dans des vallées ou collines brumeuses ; la variété de couleurs selon la période de l’année ; les reflets de l’eau et l’effet miroir des terrasses superposées remplies d’eau ; le brouillard rajoutant un côté mystérieux au lieu
  • Le réseau de canaux, système prodigieux d’irrigation né de l’ingéniosité des peuples Hani et Yi ; un modèle d’aménagement humain parfaitement intégré dans l’environnement sur 500 mètres de dénivelé
  • Les sites ou villages de Laohuzui, Duoyishu, Bada, Longshuba, Mengpin, Aichun, Dawazhe, Quanfuzhuang, Qingkou (…) dominant les champs de riz à flanc de montagnes
  • Les colonies de poissons et de canards évoluant dans les rizières ; les élevages de cochons, buffles, poulets et vaches ; les légumes et fruits cultivés localement
  • L’expérience de vivre un lever ou un coucher du soleil en surplomb des rizières
  • La visite des villages des communautés Hani (et leurs maisons en forme de champignon comme à Azheke), mais aussi Yi, Dai, Yao, Zhuang et Miao ; le mode de vie rural des habitants
  • Les nombreux marchés locaux et matinaux (Shengcun, Laomeng, Niujiaozhai, Huangmaoling, Pangzihihua, Ganiang…)
  • L’activité de randonnée à travers les forêts luxuriantes et les montagnes Ailao ; l’évènement Hani Long Table Feast à la fin novembre (gigantesques banquets organisés par le peuple Hani pour fêter le nouvel an lunaire)
  • Les premiers systèmes d’irrigation naturelle, mis au point par les ancêtres des Hanis originaires du plateau tibétain, remontent à 2 500 ans. Ce peuple de nomades fut contraint de quitter les montagnes du Tibet distantes d’un millier de kilomètres pour fuir les conflits. Les Hanis s’installèrent dans la province du Yunnan au VIe siècle pour commencer à aménager le système actuel de rizières il y a 1 300 ans.
  • Les Hanis font partie des 56 minorités ethniques de la Chine. Pendant très longtemps, ils vécurent totalement isolés du monde urbain et ne découvrirent le système d’écriture moderne qu’au XXe siècle. Pour transmettre oralement leur savoir-faire et leurs traditions de génération en génération, ils utilisaient des chants et des poèmes. Leurs méthodes de travail sont restées identiques pendant plus d’un millénaire.
  • Lorsqu’un membre de la communauté Hani décède, il est coutume de procéder au sacrifice du buffle l’ayant aidé à travailler dans les champs de façon à ce que la personne défunte puisse continuer à cultiver le riz dans l’au-delà.
  • Cette culture traditionnelle ne produit qu’une récolte annuelle de riz en automne mais s’auto-alimente continuellement. L’eau s’évaporant des terrasses de riz l’été forme des nuages de brume, lesquels se transforment en pluie. Les précipitations et eaux de source sont captées par les forêts (composées principalement de feuillus et d’hêtres) occupant la partie supérieure des montagnes Ailao. Elles alimentent en premier lieu les villages situés juste au-dessus des rizières grâce à un réseau de rigoles. Ensuite, l’eau est acheminée par divers canaux ou fossés d’irrigation pour arroser naturellement les rizières du haut vers le bas, selon un savant système d’aménagement des cultures en pente.
  • Ce cycle perpétuel se répète année après année. Pour être pérenne, les populations doivent entretenir constamment leurs parcelles (reformer les digues, reconstruire les talus, déraciner les herbes ou plantes indésirables, retourner la terre à l’aide de buffles pour la fertiliser…). Ils doivent aussi gérer de façon intelligente et équitable les systèmes de distribution en eau pour que celle-ci circule continuellement de terrasse en terrasse.
  • Les Hanis n’utilisent aucun système mécanique dans leur culture de riz en terrasse. Tout est fait manuellement selon un procédé écologique et durable en tirant parti du relief du terrain. Ce travail est extrêmement exigeant sur le plan physique. Il repose sur un véritable écosystème, fruit d’un équilibre entre l’homme, la nature et les animaux. Par exemple, les Hanis élèvent des carpes au sein des rizières gorgées d’eau. Ces poissons servent non seulement à nourrir les habitants mais aussi à se débarrasser des insectes nuisibles qui abîment les cultures. Leurs déjections se transforment en engrais naturel dans les parcelles cultivées et participent à la croissance du riz (celle-ci varie selon l’altitude et l’exposition au soleil). Une fois cultivé, ce riz rouge est majoritairement consommé par les villageois qui disposent de ressources modestes (cette source de nourriture constitue leur principal moyen de subsistance). Il procure en bouche un léger goût de noisette et peut être accompagné de poisson, de poulet, de cochon ou de légumes issus des villages alentours.
  • Les rizières en terrasses de Yuanyang se situent autour de la vieille ville Xinjie de Yuanyang (à ne pas confondre avec la nouvelle ville Nansha de Yuanyang), accessible en bus depuis les villes chinoises de Kunming, Jianshui ou Gejiu.
  • Les plus beaux paysages sont à observer entre décembre et avril lorsque les rizières en terrasses de Yuanyang sont gorgées d’eau. Ce phénomène produit un effet miroir fascinant pour le plus grand bonheur des photographes et adeptes de couchers de soleil dans un cadre romantique à souhait.
  • Les sites naturels de Laohuzui (Bouche du Tigre) et Bada offrent les meilleurs panoramas pour observer le coucher de soleil tandis que Duoyishu est idéal pour admirer le lever du soleil (faites attention aux chemins glissants et abrupts autour des rizières). Parfois un épais brouillard peut gâcher la vue durant plusieurs jours consécutifs.
  • En louant un véhicule avec chauffeur sur une demi-journée ou une journée entière, vous pourrez découvrir des lieux et points de vue peu fréquentés des groupes de touristes (la zone des rizières est très étendue).
  • Si vous souhaitez découvrir les techniques anciennes et les méthodes manuelles utilisées durant la moisson, rendez-vous sur place après l’été, à partir du mois de septembre. En sollicitant la bienveillance d’une famille locale, vous aurez peut-être l’opportunité de côtoyer au plus près ce peuple des rizières.
  • Tous les cinq jours en moyenne, un marché se tient dans l’un des nombreux villages de la région de Yuanyang (le lieu varie en fonction du calendrier chinois).

Où manger

  • Hello Cloud
    (accueil anglophone)
  • Liujun Fandian
    (économique et savoureux)
  • Lao Sichuan Canting Guan
    (populaire et agréable)

Où flâner

  • Vieille ville de Jianshui
    (cité culturelle)
  • Qingkou
    (village hani typique)
  • Marché de Xinjie
    (station thermale)

Où séjourner

  • Timeless Hostel Yuanyang
    (auberge moderne)
  • Sunflower Trekkers Lodge
    (serviable et chaleureux)
  • Jacky's Guesthouse
    (surplombant les rizières)