Parc national du delta du Saloum : votre guide pour visiter le Sine Saloum

Un havre de paix du Sénégal blotti entre océan et fleuve

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Parc national du delta du Saloum, Sénégal

GPS : 13.994040400591, -16.690562912528

Itinéraire

Situé entre la Petite-Côte sénégalaise et la Gambie, le Parc national du delta du Saloum forme un labyrinthe de méandres et d’îlots naturels ceinturés de mangroves (forêt de palétuviers). Son fabuleux delta est né de la confluence du fleuve Saloum et de son principal affluent, le Sine. D’une grande valeur écologique, le Parc national du delta du Saloum est parfois surnommé l’Amazonie du Sénégal pour ses innombrables bras de mer d’eau salée appelés bolongs (chenaux).

Dotées d’une superficie de 760 km², les zones humides du Sine Saloum attirent des milliers d’oiseaux migrateurs dont de nombreuses espèces erratiques. Avec le Parc national du banc d’Arguin (Mauritanie) et le Parc national des oiseaux du Djoudj au nord de Saint-Louis (Sénégal), l’aire protégée du delta du Saloum fait naturellement partie des sites ornithologiques les plus importants d’Afrique de l’Ouest. Elle se compose d’un environnement naturel au cadre enchanteur avec ses quelques 200 îles ou îlots, ses bolongs, ses bancs de sable, ses baies, ses lagunes, ses vasières, ses vastes aires de mangrove et ses forêts de palétuviers baignés par l’eau et les puissants rayons du soleil. La présence d’amas-coquillers (tumulus de coquilles ou coquillages réalisés sous l’ère d’anciens royaumes précoloniaux en guise de sépulture) témoigne d’une occupation humaine très ancienne dans la région. Au Moyen Âge, cette partie du Sénégal est dominée par deux royaumes sérères (le Sine et le Saloum). Après avoir longtemps résisté aux musulmans originaires du nord de l’Afrique (dont les Almoravides au XIe siècle), ils sont intégrés à l’Empire du Djolof. Ce grand territoire s’étend de la Mauritanie jusqu’aux bassins des fleuves Sénégal et Gambie (espace sénégambien) au XVIe siècle. Les deux royaumes sérères retrouvent leur indépendance mais l’influence grandissante des colons européens (Portugais, Hollandais, Français et Britanniques) au Sénégal et le développement de la traite négrière vont bouleverser l’ordre établi.

En raison sa situation entre l’océan Atlantique et les lagunes du Saloum, le Parc national du delta du Saloum forme un écosystème unique au monde et un des plus riches d’Afrique. Les zones de mangrove, nichées entre terre et mer, sont particulièrement prolifiques en biomasse et servent de refuge naturel à une centaine d’espèces de poissons. Certaines plages servent de lieu de ponte à plusieurs espèces de tortues (verte, luth et caouanne). Habitée majoritairement par les Sérères et Niominkas (ces derniers vivent dans les îles du Saloum), cette magnifique région sénégalaise est l’épicentre d’une culture fascinante, aux grandes traditions humaines. Visiter le Sine Saloum, c’est aussi découvrir le cœur de l’activité de la pêche artisanale et le centre du bassin arachidier au Sénégal. Les terres sauvages du Parc national du delta du Saloum, sous l’influence du milieu océanique, sont aujourd’hui fortement menacées par la déforestation, l’augmentation de la salinité de l’eau et des terres cultivables, la raréfaction d’eau douce, la diminution des ressources halieutiques, l’érosion côtière et les effets du changement climatique.

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  • Le delta et les îles du Sine-Saloum abritant un des écosystèmes les plus riches d’Afrique ; le mélange d’eau douce et d’eau de mer favorisant une grande biodiversité
  • Les villages pittoresques de Palmarin Facao (Ngallou, Ngueth, Ngounoumane, Diakhanor et Djiffer, hameau de pêcheurs à l’activité foisonnante), Yayem, Simal, Djilor Djidiack, Toubacouta, Bassoul, Mar Lodj, Mar Fafako, Mar Soulou… ; les îles de Dionewar, Niodior, Mar, Falia… ; les petites villes de Ndangane, Diofior, Sokone et Foundiougne
  • Les nombreux sites naturels : l’embouchure du Saloum, la pointe et l’île de Sangomar, la réserve communautaire de Palmarin, les marais salants de N’gallou, l’aire marine protégée de Keur Bamboung, les vestiges d’amas coquilliers (sites historiques de collines de coquillages) sur l’île de Dioron Boumak…
  • Les paysages de lagunes, mangroves, bolongs, forêts, vasières, étendues salées (tans), savanes boisées, arbustives et herbacées… ; les kilomètres de plages sauvages dépourvues de constructions immobilières
  • Les activités de randonnées (à pied, à cheval, en kayak, en canoë), de bivouacs (dans la brousse ou sur l’eau) et de pêche (en eau douce ou dans l’océan) ; les excursions en pirogue ou en charrette ; le survol de la région en avion de tourisme ; le spectacle d’arrivée des pêcheurs à Djiffer ; la balade en calèche à la tombée de la nuit pour observer les boukis (les hyénes, désormais visibles uniquement dans ce delta) ; les spectacles haut en couleurs de tournoi de lutte traditionnel sérère (combats sans frappe)
  • La richesse de la culture sérère et son mode de vie traditionnel (tissage, sculpture, teinture, danse Sabar, chant, gastronomie, pêche artisanale et cueillette de coquillages, tournois de lutte, cultures du mil et de l’arachide, réserves d’élevage…) ; les anciens greniers aménagés sur pilotis pour stocker le mil (afin de protéger les récoltes contre les incendies et les rongeurs)
  • La variété de flore (baobab, rônier, palmier, cocotier, mangrove, palétuvier, fromager, manguier, moringa, neem, eucalyptus, caïlcédrat, bananier…) et de faune (hyène tachetée, phacochère, chat sauvage, singe vert, singe rouge, guib harnaché, Céphalophe de Grimm, tortue verte, varan, lamantin, tortue de mer, dauphin commun à bec court sans oublier les innombrables espèces de poissons)
  • L’abondance d’oiseaux sédentaires ou migrateurs, de passereaux, de limicoles et d’avifaune aquatique (Héron goliath, flamant nain, flamant rose, Aigrette garzette, Aigrette dimorphe, Aigrette à gorge blanche, Grande Aigrette, Jabiru d’Afrique, Ibis sacré, Pélican gris, Pélican blanc, Avocette élégante, Goéland railleur, rollier d’Abyssinie, Gonolek de Barbarie, sterne royale, tisserin, colibri, Choucador à longue queue, cormoran, Bulbul des jardins, Barge à queue noire, Cordonbleu à joues rouges, Vanneau armé, Mouette à tête grise, Bengali rouge…)
  • La fête de Palmarin autour du 15 août et se déroulant sur plusieurs jours (série de festivités célébrant les pluies) ; les nombreuses cérémonies religieuses rythmant la vie des villages (les sérères comptent presque autant de chrétiens que de musulmans, vivant en parfaite harmonie et partageant leurs fêtes mutuelles)
  • Parmi les six parcs nationaux du Sénégal, le Sine Saloum est le seul espace protégé à être à la fois classé réserve de biosphère (en 1980), reconnu comme site Ramsar (en 1984) et inscrit au patrimoine mondial (en 2011).
  • Depuis les temps anciens, la pointe de Sangomar est un lieu sacré chez les populations sérères (certaines s’y rendent toujours pour honorer leurs ancêtres). En 1987, un raz-de-marée a séparé une bande de sable de cette pointe du reste de la Petite-Côte pour former l’île de Sangomar. Aujourd’hui, cette île inhabitée est séparée d’environ 5 kilomètres du reste du continent et la distance ne cesse de s’accroître chaque année.
  • Niché entre le fleuve et l’océan, Palmarin est le seul endroit du Sénégal où vivent encore des hyènes à l’état sauvage et qui ont élu domicile dans la mangrove. Vous avez l’occasion de partir les observer en fin de journée au sein de la réserve communautaire accompagné d’un écoguide local tout en profitant d’un superbe coucher de soleil en toile de fond.
  • Les puits de sel de Palmarin sont exploités depuis les temps anciens et ce savoir-faire est transmis de génération en génération. C’est un travail physique et pénible qui est exclusivement réalisé par les femmes du village sous un soleil de plomb. Ces puits d’eau saumâtre sont creusés sous forme de cônes entre l’océan et les bolongs au sein de la réserve naturelle communautaire. En raison de la présence de micros-algues, chaque puits arbore une couleur différente qu’il est plus aisé d’admirer depuis le ciel. À une époque pas si lointaine, les sacs de sel récoltés et séchés étaient acheminés par pirogue jusqu’en Gambie pour être échangés contre du sucre. Ce sel non iodé est principalement utilisé pour le salage des poissons.
  • Le baobab est un arbre multi-centenaire voire millénaire pour les plus anciens spécimens qui sont considérés comme sacrés. Il s’agit de l’emblème national du Sénégal. Cet arbre à palabres rythmant la vie quotidienne sénégalaise est particulièrement abondant dans la région du Sine-Saloum. Sources de mythes et de légendes, les baobabs abritaient des sépultures de griots jusqu’au XXe siècle. Cette caste de poètes musiciens était dépositaire de la tradition orale à l’époque où l’écriture n’existait pas et porteur de nouvelles dans les villages. L’enterrement des griots ne pouvait se faire ailleurs que dans un baobab de peur que leur dépouille ne contamine les sols. Cette coutume fut combattue par les colons français puis déclarée interdite en 1965 sur décret présidentiel de Léopold Sédar Senghor. D’après les griots, ces arbres grandioses sont habités par un ou plusieurs esprits, raison pour laquelle ils sont à la fois craints, bénis et vénérés par la population. Du temps du royaume du Saloum, dominé par les croyances animistes, les rois y pratiquaient des rites importants qui demeurent secrètement gardés. Le baobab était également un passage obligé pour les enfants lors de leur passage à l’âge adulte (dans la cadre de la circoncision). Aujourd’hui, il occupe encore et toujours une place importante dans la culture populaire sénégalaise. Les feuilles servent notamment à préparer du couscous (pilées et séchées, elles sont transformées en poudre appelée lalo) et peuvent être infusées pour lutter contre la fatigue ainsi que pour soigner la conjonctivite. Quant au fruit du baobab, il est très riche en vitamine C, en calcium et en antioxydants. Très apprécié, il peut se manger tel quel ou sous forme de boisson fraîche (jus de bouye) et de glace artisanale. La pulpe, au goût acide, est non seulement utilisée dans la cuisine mais aussi dans la préparation de médicaments (il est appelé l’immodium sénégalais car il stoppe la diarrhée), de produits cosmétiques et de compléments alimentaires. Le fruit du baobab est surnommé le « pain de singe » car les singes en raffolent et les Palmarinois le suçotent toute la journée.
  • Sur la route entre Joal et Samba Dia, vous pourrez apercevoir le plus gros baobab du pays. Entouré d’ateliers d’artisanat d’art, ce mastodonte de 32 mètres de circonférence ne serait pas le plus vieux baobab du Sénégal en dépit de ses quelques 850 années d’existence. Se creusant avec le temps, ce baobab sacré forme une telle cavité à l’intérieur qu’il est possible d’y loger un groupe de plusieurs personnes (on peut y accéder en s’y glissant à l’horizontal). Si l’on en croit les griots et les traditions orales, ce sont les incantations et le rythme des tambours se déroulant lors des cérémonies rituelles qui sont à l’origine des ouvertures visibles dans les troncs. Les baobabs les plus imposants sont en capacité de stocker une grande quantité d’eau dans leur tronc, ce qui explique leur surnom d’arbre bouteille. Une visite guidée est possible sur place en sollicitant les services d’un guide local (méfiez-vous néanmoins des « antiquaires » qui ont tendance à faire gonfler les prix des produits qu’ils proposent à la vente).
  • Le village de Djilor Djidjack est le lieu où est né le poète sénégalais Léopold Sédar Senghor qui est devenu le premier président de la République du Sénégal (1960-1980). Bien qu’elle soit en état d’abandon, sa maison maternelle peut être visitée en sollicitant les services d’un guide local (elle se trouve sur la place du village).
  • Plusieurs villages de pêcheurs dont le hameau de Djiffer, situé à l’extrémité sud de la Petite-Côte, sont de plus en plus menacés par la montée inexorable des eaux.
  • La région du Sine-Saloum a longtemps souffert de son enclavement géographique bien qu’elle soit située à moins de 200 kilomètres au sud de Dakar. La partie Ouest du delta, longeant la Petite-Côte, est la plus facilement accessible au départ de la capitale sénégalaise en passant par M’bour, Joal-Fadiouth, Samba Dia puis Palmarin (comptez 3 à 4 heures de transport). Une autoroute permet d’atteindre plus facilement la ville de Mbour depuis Dakar.
  • Pour rejoindre la partie Est du delta, il est préférable d’utiliser le pont récemment construit à Foundiougne ou de privilégier une traversée en pirogue. Pendant la saison des pluies (de juin à octobre), la dernière partie du tronçon peut parfois s’avérer difficile bien que les conditions de transport se soient nettement améliorées ces dernières années.
  • Cette zone rurale du Sénégal est dépourvue de banques donc prévoyez suffisamment de liquide avec vous (les distributeurs les plus proches se trouvent à M’bour et Fatick à plus de 1 heure et demie de route).
  • Avant de visiter le Sine Saloum, pensez à vous protéger contre les moustiques et autres mout-mouts, mouches tsétsé et maringouins, assez présents dans cette région tropicale.
  • Tous les dimanches matins, une messe au tam-tam se tient dans le village insulaire de Mar Lodj (accès par pirogue uniquement depuis Ndangane ou Palmarin).
  • Des circuits en charrette dans la brousse, sur la plage ou à la recherche des hyènes, ainsi que des sorties pique-nique ou des excursions à cheval peuvent être organisées par Diegane N’dong (+221 78 262 59 69). Natif de Palmarin Ngounoumane, il se fera un plaisir de vous faire découvrir les nombreux atouts de cette région et vous mettre en relation avec des personnes de confiance (piroguiers, pêcheurs, restaurants, campements, visites…). Basé dans le village voisin de Palmarin Diakhanor, Philippe (+221 77 430 12 90) peut vous guider en kayak au cœur de la mangrove. Au plus près de la nature, cette activité douce vous permettra d’observer un grand nombre d’oiseaux et bénéficier de ses connaissances sur la faune et la flore. Cette sortie peut être agrémentée d’un pique-nique (poisson grillé sur la plage) et/ou d’une nuit à la belle étoile sur une île déserte.
  • Si vous souhaitez manger un thiéboudiène sur la plage en vous sentant seul au monde, contactez Baye (+221 76 298 87 85 ou +221 77 221 67 54) qui vous concoctera un succulent plat national sénégalais (qui vient d’être classé au Patrimoine immatériel de l’Unesco). Face à l’océan, vous profiterez de l’environnement d’un ancien campement 5 étoiles abandonné et envahi par la végétation (le Royal Lodge à Palmarin).
  • En saison sèche, les pistes du Sine-Saloum se prêtent merveilleusement bien à la pratique de la moto. Basé dans la station balnéaire de Saly, Olivier (+221 77 550 59 27 – Moto Découverte Sénégal) peut mettre sur pied un parcours personnalisé qui vous fera passer sur des axes routiers peu fréquentés avec mise à disposition du matériel roulant. Cette activité est ouverte aux particuliers et petits groupes de personnes disposant ou non du permis moto (125 cm3).
  • Le magasin de tissus « Chez Dado », situé à l’entrée du village de Palmarin Ngallou, dispose d’un large choix de tissus à motifs (tissus wax), accessoires (sacs, sacoches…) et pagnes sérères (pagnes tissés). Koura et Diarra peuvent également confectionner vos vêtements sur mesure (pantalons, jupes, robes, boubous, chemises, linge de table ou de lit…) à un excellent rapport qualité prix.

Où manger

  • Noné Siga
    (cuisine simple et bon marché)
  • La table de Niassam
    (adresse savoureuse)
  • Souimanga Lodge
    (table raffinée)

Où flâner

  • Musée MAHICAO
    (visite insoupçonnable)
  • Marché de Nguéniène
    (grand marché coloré)
  • Fadiouth
    (l'île aux coquillages)

Où séjourner

  • La Palmeraie de Ngor
    (au cœur d'une forêt de rôniers)
  • Hakuna Lodge
    (le plein de dépaysement)
  • Lodge des collines de Niassam
    (sur l'eau ou dans un baobab)