Visiter les grottes d’Ellora, un trésor troglodytique du Maharashtra

Un sanctuaire grandiose de monastères et temples rupestres

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Adresse

Ellora, Maharashtra, Inde

GPS : 20.027953249785, 75.18023545215

Itinéraire

Admirables du point de vue de leur conception, les grottes d’Ellora (ou Ellorâ) sont situées dans l’État indien du Maharashtra, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la ville d’Aurangabad. Avec le site archéologique voisin des grottes d’Ajanta (distant d’environ 100 kilomètres), elles forment un trésor troglodytique et un complexe de temples aussi beaux sur le plan artistique qu’impressionnants sur le plan technique. D’un point de vue historique, visiter les grottes d’Ellora est une aubaine pour se replonger au cœur d’une ancienne civilisation qui maîtrise à la perfection l’art rupestre en Inde.

Le sanctuaire d’Ellora comprend une série de 34 grottes, temples et monastères successifs, taillés dans la roche d’une falaise de basalte. Anciennement connu sous le nom d’Elapurâ, ce complexe souterrain aurait été aménagé entre le VIe et le début du XIe siècles de notre ère sous les dynasties Kalachuri, Chalukya, Rashtrakuta et Yadava après l’achèvement des grottes plus anciennes d’Ajanta. Il coïncide avec la baisse d’influence du bouddhisme dans la région au profit de l’hindouisme. Dès leur élaboration, les temples rupestres servent de lieu d’expression de trois communautés religieuses. Visiter les grottes d’Ellora permet de se rendre compte qu’elles sont toujours utilisées aujourd’hui comme sanctuaire dédié au bouddhisme, à l’hindouisme et au jaïnisme. Ces structures excavées sont creusées à la force des bras dans la paroi verticale et rocheuse des collines Charanandri, à l’issue de travaux titanesques. Selon les estimations, des centaines de milliers de tonnes de roche de basalte auraient été extraites du site par les bâtisseurs des lieux, un véritable exploit pour l’époque. Au total, ce sont des milliers de sculptures, de dessins, de décorations et d’inscriptions murales qui peuvent être observés au sein des grottes d’Ellora, lesquelles sont numérotées selon l’ordre chronologique de construction. Les réalisations hindoues semblent s’inscrire dans la continuité architecturale des temples bouddhistes qui leur sont antérieures dans le temps.

Aménagés côte à côte sur plus de 2 kilomètres de long, les temples, grottes et monastères d’Ellora témoignent du respect, de la tolérance et de l’acceptation entre les différentes religions de l’Inde ancienne. Le trésor troglodytique des lieux reste incontestablement le sanctuaire de Kailâsanâtha, un temple hindou colossal façonné à la main dans un gigantesque monolithe. Construit du haut vers le bas sur plus de 30 mètres de hauteur, ce temple représente le mont Kailash, demeure du dieu Shiva. Selon la tradition, cette montagne de la chaîne de l’Himalaya symbolise le centre de l’univers bouddhiste.

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  • La prouesse de construction de ce chef d’œuvre souterrain creusé dans le roc ; une des plus grandes structures troglodytiques au monde aménagées par la main de l’homme ; un site illustrant l’apogée de l’art rupestre et l’harmonie religieuse dans l’Inde médiévale
  • La beauté décorative et esthétique des différents sanctuaires ; la foi incroyable et la tolérance religieuse qui se dégagent des lieux ; la variété architecturale des temples et monastères liés aux cultes hindous, bouddhistes et jaïns
  • Les 12 temples bouddhistes au sud numérotées de 1 à 12 comprenant des viharas (monastères), un chaitya (sanctuaire) et un grand nombre de représentations de divinités bouddhiques ; les 17 temples hindous au nord (grottes n°13 à n°29) ; les 5 temples jaïns relevant du courant Digambara à l’extrémité nord (grottes n°30 à n°34)
  • La grotte Vishwakarma conçue comme une grande salle de prière bouddhiste (n° 10) ; les proportions impressionnantes du temple hindou de Kailash ou Kailâsanâtha (formée d’un seul bloc de pierre, sa structure est deux fois plus importante que le Parthénon d’Athènes) ; les temples jaïns à deux étages Indra Sabha (n° 32) et Jagannatha Sabha (n° 33)
  • Les statues et reliefs gravés d’éléphants autour et à l’intérieur du temple Kailâsanâtha (grotte n°16) ; les peintures murales de la grotte n°5 ; les piliers massifs et finement sculptés à l’intérieur des grottes ; les milliers de sculptures
  • Les panneaux gravés sur les parois rocheuses décrivant les histoires des religions dans la mythologie hindoue, bouddhiste et jaïne ; les œuvres évoquant les épopées des divinités majeures de l’hindouisme (Shiva, Vishnou et Krishna) ; les sculptures représentant le démon Ravana, la déité Matanga, les déesses Yakshini et Durga ; les représentations de Dvarapala (divinité chargée de garder les portes des temples) ; les mandalas (structures de différentes formes utilisées pour des rituels)
  • La vue sur les grottes d’Ellora du haut de la colline
  • Le Festival annuel de musique classique et de danse en mars ; le festival Ajanta Ellora (spectacles folkloriques et culturels) en octobre
  • À proximité des grottes d’Ellora, l’ancienne ville fortifiée de Khuldabad riche en sites historiques parmi lesquels le temple hindou Bhadra Maruti, la tombe du dernier empereur moghol Aurangzeb (décédé en 1707) et de nombreuses autres sépultures
  • Au total, le site d’Ellora renferme une centaine de grottes mais la majorité d’entre elles sont fermées au public pour des raisons de sécurité. Il est classé au patrimoine mondial depuis 1983.
  • D’après les archéologues, l’ensemble de ces monuments auraient été façonnés de façon ininterrompue par des tailleurs de pierre sur une période couvrant plusieurs siècles. Les temples hindous seraient les plus anciens (construits entre 500 et 650), suivis des temples bouddhistes (érigés entre 600 et 750) puis des temples jaïns (bâtis entre 750 et 1000).
  • Les grottes d’Ellora en Inde se trouvaient sur la route commerciale de l’Asie du Sud et étaient utilisées comme lieu de repos pour les commerçants et les moines durant leurs voyages. Elles ont bénéficié d’un appui financier important de plusieurs dynasties royales qui ont régné dans cette partie du pays à l’époque médiévale bien que ses souverains n’étaient adeptes d’aucune des trois religions.
  • L’édification du temple de Kailâsanâtha est attribuée au roi Krishna 1er (dynastie Rashtrakuta) au VIIIe siècle et comprenait des ponts de pierre suspendus qui se sont effondrés. Pour construire cet ensemble architectural, environ 200 000 tonnes de pierre volcanique auraient été extraites. Un espace à colonnades fut aménagé tout autour du temple pour favoriser la circumambulation.
  • Ce complexe religieux sans équivalent dans le monde aurait grandement perdu de son influence à la fin du XIIIe siècle après que la région ait été envahie par les forces musulmanes (bon nombre de sanctuaires d’Ellora furent profanés et endommagés les deux siècles qui suivirent par le sultanat islamique).
  • La grotte bouddhiste Vishwakarma (n° 10) est connue sous le nom de « grotte du charpentier » en raison de son plafond sculpté qui ressemble à la charpente en bois d’une cathédrale ou d’une coque renversée d’un bateau. Elle abrite une statue de Bouddha de 4,5 mètres de haut en mudra vyakhyana (en position de prédication).
  • Dans la culture du bouddhisme, les différents niveaux de construction et les élévations de murs des temples rupestres renvoient à des concepts spirituels.
  • Selon des estimations, il existerait plus d’un millier de grottes dans l’État du Maharashtra abritant des sanctuaires de différentes tailles, dont la grande majorité d’entre eux sont dédiés au bouddhisme.
  • La ville d’Aurangabad peut être une excellent base de départ pour visiter les grottes d’Ellora puisqu’elle dispose d’un aéroport relié aux grandes villes indiennes, d’une gare ferroviaire et d’un service de bus desservant le site archéologique (transports publics ou voyages organisés). Comptez une heure de transport par la route.
  • En partant tôt le matin tout en privilégiant un jour de semaine (notez que le site est fermé le mardi), vous pourriez vous éviter la forte affluence des groupes.
  • Un à deux jours ne sont pas de trop pour prendre le temps d’apprécier ce fabuleux patrimoine rupestre avant d’envisager de découvrir l’autre complexe archéologique majeur de la région (les grottes d’Ajanta sont renommées pour leur architecture et leurs peintures très anciennes). À mi-chemin entre Aurangabad et Ellorâ, il est possible de visiter la citadelle de Daulatabad (aussi connue sous le nom de Deogiri Fort).
  • Il peut être utile d’amener avec soi une lampe torche pour éclairer les parties les plus sombres des grottes d’Ellora.

Où manger

  • Green leaf Vegetarian Cuisine
    (copieux et varié)
  • Latitude
    (cuisine internationale)
  • Bhoj Thali Restaurant
    (restaurant végétarien)

Où flâner

  • Fort de Daulatabad
    (site fortifié du XIVe siècle)
  • Grottes d'Ajanta
    (site bouddhiste épatant)
  • Sanctuaire sauvage de Gautala...
    (réserve de faune)

Où séjourner

  • Hotel Raviraj
    (propre et moderne)
  • Hotel Kailas
    (à deux pas des grottes)
  • Hotel J P International
    (spacieux et bien équipé)