Visiter le Mur de Berlin

Haut lieu symbolique du rideau de fer

Adresse

Bernauer Straße 119, 13355 Berlin

GPS : 52.535107207706, 13.388730282188

Itinéraire

Visiter le Mur de Berlin (Berliner Mauer) équivaut à se plonger dans l’histoire mouvementée de la capitale allemande. Ce vaste mur de béton de 155 kilomètres de long et 3,60 mètres de haut a divisé la Ville Grise en deux parties pendant plus de 28 ans dans la seconde moitié du XXe siècle : Berlin Ouest (12 arrondissements occupés par les forces alliées françaises, britanniques et américaines) et Berlin Est (8 arrondissements rattachés au bloc soviétique).

Érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961, dans les premières années de la guerre froide, cette frontière physique symbolise le rideau de fer qui coupe Berlin en deux. Il sépare à cette époque l’Europe occidentale du Bloc communiste. Qualifié de « mur de la honte » par l’Allemagne de l’Ouest (RFA – République fédérale d’Allemagne) et de « mur de protection antifasciste » par l’Allemagne de l’Est (RDA – République démocratique allemande), cette construction encercle alors totalement Berlin Ouest tandis que la capitale allemande, elle, est située en pleine zone d’occupation soviétique. Le Mur de Berlin est tristement connu pour son « couloir de la mort », bande frontalière d’entre les deux murs où les gardes de Berlin Est étaient sommés de tirer sur quiconque tenterait de s’y aventurer. Visiter le Mur de Berlin, c’est aussi rendre hommage à plus d’une centaine de personnes qui auraient perdu la vie en tentant de s’échapper vers le territoire de Berlin Ouest.

Bâti à l’initiative du parti communiste allemand (SED) avec le soutien des soviétiques, l’objectif de ce système complexe de fortifications est de prévenir la fuite de Berlinois de l’Est et de citoyens de la RDA vers l’Ouest alors que l’Allemagne de l’Est a déjà perdu un sixième de sa population. Selon des estimations, 50 000 personnes passaient la frontière chaque jour jusqu’à l’édification du mur (soit un total de 3 millions de personnes qui ont migré vers l’Ouest pour fuir le régime répressif de la RDA entre 1950 et 1961). Sous pression et contraint de rouvrir ses frontières, le SED voit le mur tomber dans la nuit du 9 Novembre 1989 et provoque des scènes de liesse. Cette chute du mur, aussi subite, confuse, qu’inattendue, met fin à 40 ans de guerre froide. Elle précipite par la même occasion l’écroulement de l’Empire soviétique et la fin du règne communiste en Europe. L’engouement et l’exaltation de la population allemande dans les mois suivants engendrent la destruction du mur, des barrières, des miradors, des tours de guet et des points de contrôle si bien que peu de vestiges demeurent visibles à ce jour. La démolition du mur ne débute officiellement que le 13 Juin 1990 et sera achevée en 1992, aboutissant à la réunification du pays et à la dissolution de l’État est-allemand.

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  • Un haut lieu symbolique du rideau de fer et de la guerre froide ; l’histoire et l’imaginaire qui planent encore sur les vestiges du Mur de Berlin
  • Le Mémorial du Mur (Gedenkstätte Berliner Mauer), la chapelle de la Réconciliation et le Centre de Documentation, situés à proximité des premières parties du mur ayant été détruites ; la collection de peintures murales et graffitis de la East Side Gallery le long de la rivière Spree ; la porte de Brandebourg (1791) sur Pariser Platz qui figurait sur le tracé du mur
  • Le Musée du Mur (Mauermuseum) à l’ancien poste de contrôle frontalier Checkpoint Charlie ; l’exposition chronologique des événements liés à la construction du Mur de Berlin et les objets utilisés par les fugitifs pour passer de l’autre côté de la frontière entre l’Est et l’Ouest
  • Le musée Topographie de la terreur installé dans l’ancien quartier général de la Gestapo (police secrète nazie) ; l’ancien poste-frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est du Palais des Larmes (Tränenpalast) ; le musée des Alliés (AlliiertenMuseum) portant sur le rôle des Américains, Français et Anglais dans Berlin Ouest durant la guerre froide
  • Les promenades le long des secteurs de l’ancien mur symbolisé par des plaques commémoratives et des panneaux d’informations (East Side Gallery, Niederkirchnerstrasse et Bernauer Strasse)
  • La tour de guet située près de la place Potsdamer Platz (l’une des dernières tours sur les 200 installées le long du mur)
  • Le Parc du mur (Mauerpark) et son marché aux puces organisé tous les dimanches
  • La riche offre culturelle et artistique bien répandue dans le centre de Berlin (quartier de Mitte) ; les théâtres, opéras, orchestres symphoniques et divers lieux de spectacles ; la rue commerçante de Kurfürstendamm et le grand magasin Kaufhaus des Westens (ou KadeWe) ; les bars et boîtes de nuit à proximité de la East Side Gallery
  • Les festivals musicaux et les évènements culturels ou artistiques animant la capitale allemande toute l’année
  • Au sortir du conflit de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne fut divisée en quatre zones distinctes qui seront administrées par les pays vainqueurs (les forces d’occupation de l’ouest composées des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France ainsi que l’URSS). Symboliquement, le même sort fut réservé à la ville de Berlin en tant qu’ancienne capitale de l’État allemand nazi du Troisième Reich bien que cette ville fût située en zone soviétique. Tandis que les zones de l’ouest vont fusionner, des tensions vont naître rapidement avec l’URSS. Les soviétiques organisèrent un blocus de Berlin Ouest en coupant les voies de communication terrestre reliant cette partie de la capitale à la zone occidentale de l’Allemagne. En réponse, les Américains formèrent un pont aérien pour approvisionner la ville et sa population en médicaments, vivres, charbons, matériels… Cette opération va durer un an et faire que la ville sera coupée en deux à partir de 1949 (deux partis politiques aux visions diamétralement opposées se feront face). Jusqu’en 1952, les berlinois de l’Est pouvaient encore travailler à l’ouest où les conditions économiques étaient meilleures et les libertés moins restreintes. Mais au milieu des années 1950, l’idée d’ériger un mur commença à faire son chemin du côté des soviétiques pour éviter l’exode massif des habitants vers l’ouest et se protéger de l’influence américaine qu’ils jugent néfaste.
  • Selon Alain Clavien, professeur dʹhistoire à lʹUniversité de Fribourg, le projet de mur fut planifié dans le plus grand secret au grand dam des habitants stupéfaits qui ne pouvaient plus se déplacer librement du jour au lendemain. Il ne fut pas édifié en une seule nuit mais en plusieurs étapes accélérées (installation de rouleaux de barbelés, positionnement de gardes, fermeture des sorties de métro…). Des parpaings furent rapidement érigés sur tout le linéaire séparant les deux zones de Berlin. Les deux murs entre lesquels une zone frontière fut sanctuarisée se perfectionneront et évolueront au fil des années d’un côté comme de l’autre. Aucune intervention militaire ne fut déployée par la communauté internationale sur Berlin pour éviter une nouvelle guerre meurtrière.
  • La ligne de fortification entre le mur extérieur et le mur intérieur comportait de sérieux obstacles pour annihiler tous les points de passage entre les deux Allemagnes : large fossé, barrières de barbelés, soldats et chiens de surveillance, miradors, systèmes de câbles et d’alarme, blocs de béton, clôtures électrifiées…
  • Entre 1961 et 1989, on estime à environ 5 000 le nombre de personnes ayant réussi à franchir le Mur de Berlin clandestinement par des tunnels, galeries souterraines ou canalisations, cachés dans des voitures, voire même dissimulés dans des ballons à air chaud. Un total de 40 tunnels auraient été creusés pour organiser des évasions vers l’Allemagne de l’Ouest. ¨Pendant que les habitants de Berlin Est tentaient massivement de partir à l’Ouest pour aspirer à une vie meilleure, beaucoup de leurs homologues de Berlin Ouest partirent vivre en Allemagne de l’Ouest pour fuir le climat de psychose qui s’était emparé de la ville. Des populations turques furent invitées à migrer en nombre à Berlin Ouest pour endiguer ces pertes de populations.
  • Officiellement, 136 personnes seraient mortes durant leur tentative de fuite (ils furent abattus dans la plupart des cas en essayant de passer la frontière) dont 8 gardes-frontières est-allemands. À cela il convient de prendre en considération la détresse, la souffrance et le désespoir des populations à la suite de la construction brutale du mur et des conséquences sur leur vie (perte d’emploi, séparation familiale, abandon de leur domicile…).
  • Dans les coulisses du pouvoir, et quelques mois seulement avant la chute du mur de Berlin, le chancelier allemand Helmut Kohl et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev auraient négocié une grosse somme d’argent (un crédit de 5 milliards de marks au bénéfice l’URSS) afin de mettre en œuvre la réunification à l’insu du Kremlin.
  • Dans les premiers jours qui suivirent la chute du mur, environ 3 millions de Berlinois de l’Est se rendirent à Berlin Ouest dans une ambiance festive extraordinaire, célébrant la liberté. Beaucoup de ces habitants curieux étaient des personnes jeunes nées après le début de la construction du mur et qui ignoraient complètement cette partie de la ville.
  • La fin d’année 2019 coïncide avec l’arrêt des programmes de subventions et aides financières de l’État allemand pour la revitalisation économique de l’Est. En dépit des efforts consentis, de grandes disparités et différences demeurent entre l’ex RFA et l’ex RDA.
  • Les vestiges du Mur de Berlin sont facilement accessibles à pied ou en vélo au cœur de la capitale allemande.
  • Idéalement, commencez votre itinéraire au Mémorial du Mur de Berlin situé rue Bernauer Straße, centre principal de ressources et d’informations sur la division de Berlin et de l’Allemagne (entrée gratuite).
  • La rue Mühlenstraße où se situe la East Side Gallery demeure la partie la mieux conservée et la plus longue du mur (accès libre de jour comme de nuit).
  • Le Musée du Mur à Checkpoint Charlie est ouvert tous les jours de l’année (entrée payante).

Où manger

  • Scheers Schnitzel
    (repas sur le pouce)
  • Monsieur Vuong
    (cuisine vietnamienne)
  • Rutz Weinbar
    (mets sophistiqués)

Où flâner

  • Île aux Musées
    (collections d'œuvres d'art)
  • Palais du Reichstag
    (bâtiment historique)
  • Zoo de Berlin
    (vaste parc zoologique)

Où séjourner

  • EastSeven Berlin Hostel
    (auberge moderne)
  • Brilliant Apartments
    (appartements charmants)
  • Adina Apartment Hotel Berlin...
    (central et spacieux)