Visiter l’Alhambra de Grenade, un bijou d’architecture et d’art islamique

La forteresse rouge de Grenade

Adresse

Calle Real de la Alhambra, s/n, 18009 Granada, Espagne

GPS : 37.178252222987, -3.5847815189631

Itinéraire

Visiter l’Alhambra de Grenade, un ensemble admirable de palais royaux d’influence mauresque, fait partie des attractions phares de la région de l’Andalousie. Véritable chef d’œuvre architectural, il fait partie des monuments les plus fréquentés d’Espagne. Ce complexe palatial surplombant la ville de Grenade avec les montagnes de la Sierra Nevada en toile de fond, représente la capitale du dernier royaume musulman en Espagne jusqu’à la fin du XVe siècle.

L’histoire de l’Alhambra de Grenade remonte au Moyen Âge. La ville-palais est bâtie au début du XIIIe siècle sur une ancienne forteresse (Alcazaba) du XIe siècle par le fondateur de la dynastie Nasride, Mohammed ben Nazar (dont le surnom est Al-‘Ahmar soit « Le rouge »). Ses monuments servent de lieu de résidence aux rois maures (ou sultans) ainsi qu’à leur cour. À cette époque, le bassin méditerranéen est alors dominé par une civilisation composée d’Arabes et de Berbères. Cette suprématie est incarnée tour à tour par les Omeyyades, les Abbassides et les Almoravides avant l’émergence des Nasrides. Leur territoire, sous domination musulmane, est appelé Al-Andalus. Il s’étend sur la péninsule ibérique et une partie du sud de la France entre le début du VIIIe et la fin du XVe siècles. Au moment de la construction des palais mauresques, les califes (souverains musulmans) ne contrôlent plus qu’une petite entité territoriale en Espagne. Ils se retranchent au sein de l’Émirat de Grenade et bâtissent une résidence royale fortifiée pour se protéger de l’expansion des États chrétiens d’Espagne (cette période de l’histoire est appelée la Reconquista). C’est sous le règne des émirs Youssouf Ier et Mohammed V al-Ghanî, dans la première moitié du XIVe siècle, que le patrimoine de l’Alhambra de Grenade se pare de ses éléments les plus raffinés. L’art figuratif étant peu populaire dans l’islam médiéval, les monuments sont pourvus de magnifiques décors abstraits, géométriques et floraux ainsi que des textes ou poèmes en arabes et des extraits du coran.

L’enceinte impressionnante de l’Alhambra de Grenade est aussi appelée « la forteresse rouge » (Qalat). Elle comprend l’un des derniers vestiges au monde caractéristiques de cette architecture moyenâgeuse, les Palais Nasrides. Reconquis par les rois catholiques Ferdinand II d’Aragon et Isabelle Ire de Castille en 1492, les palais résistent au désir de leurs nouveaux occupants de les détruire et d’effacer ainsi tout lien avec l’islam. Pour rivaliser avec la splendeur de l’architecture mauresque, l’Empereur Charles Quint y fait construire un nouveau palais de style Renaissance en 1527. Cet édifice avec l’Alcazaba, les Palais Nasrides, le Généralife et les jardins du Partal, constituent les joyaux à ne pas manquer si vous envisagez de visiter l’Alhambra de Grenade. De surcroît, cette acropole médiévale est considérée par beaucoup comme la plus belle du pourtour méditerranéen.

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  • L’architecture mauresque remarquable et majestueuse de la ville palatine ; les milliers de pièces composant cette résidence royale fortifiée sur le plateau (ou colline) de la Sabika
  • L’acropole médiévale aux décorations raffinées et aux motifs complexes (à partir de bois, plâtre, marbre, briques et céramique) ; les murailles massives du complexe palatial épousant la colline
  • Les vestiges de la forteresse ancienne d’Alcazaba (ou al-Qasaba) ; les Palais Nasrides, le Palais de Charles Quint (connu pour son magnifique patio circulaire) et le Palais du Généralife (palais d’été des princes Nasrides) ; le Palais de Comares (aussi appelé de los Arrayanes ou Mirtos) qui formait la résidence officielle des anciens sultans et le Mexuar (aile d’entrée du Palais de Comares) ; les Jardins du Partal (dotés de bassins) et les jardins du Généralife (bien pourvus en vergers et fruits), la Cour des Lions (fontaine de marbre blanc agrémentée de 12 lions d’albâtre), la salle des Ambassadeurs, la Tour de Comares, la salle des Deux Sœurs, la Cour des Myrtes (Patio de los Arrayanes), le belvédère du mirador de Daraxa, la salle des Abencérages… ; la visite des cachots et donjons souterrains aménagés par les Maures
  • La calligraphie arabe aux motifs géométriques (sculptés ou émaillés) ; les somptueux éléments décoratifs ornant les diverses voûtes (muqarnas) ; les arcades et colonnades de marbre ; les délicates arabesques, les décors à pendeloques, les mosaïques artisanales et les carreaux de céramique multicolores (azulejos)
  • Les jardins luxuriants, les arbres fruitiers et exotiques, les cours ombragées, les fontaines distinguées, les petits canaux rafraichissants, les bains et bassins royaux
  • Le Musée de l’Alhambra (dédié aux beaux-arts et à l’art musulman)
  • La possibilité de visiter l’Alhambra de Grenade de nuit (places limitées, sur réservation) ; le Festival International de Musique et de Danse de Grenade (en juin et juillet)
  • Les sites d’intérêt à proximité : le spectacle d’un coucher du soleil sur le site depuis la colline de l’Albaicín ; les bains arabes Hammam Al Ándalus de Grenade ; la Chapelle royale de Grenade ; le quartier ancien de l’Albaicín et son influence orientale dans l’architecture ; le quartier gitan de la cité, ses spectacles de flamenco et ses grottes
  • Au sud de Grenade : la pratique de la randonnée ou du ski en hiver dans les montagnes du Parc national de la Sierra Nevada ; la série de vallées et villages des Alpujarras
  • Les remparts érigés au XIIIe siècle ainsi que la plus grande des tours de l’Alhambra bâtie au XIVe siècle (Tour de Comares) furent construits en terre crue (pisé) à partir d’un mélange compacté de sable, de terre, de gravier et d’argile crue. C’est la terre utilisée dans ce mode de construction qui a notamment donné son nom à l’édifice (l’Alhambra étant un dérivé de Al-Ḥamrā’, signifiant « la rouge » en arabe). Ce mélange de terre crue a également permis au site de résister à plusieurs tremblements de terre.
  • L’eau est une composante centrale dans l’architecture des lieux. Un système complexe d’irrigation et de réseaux hydrauliques défiant la gravité avait été imaginé par les dirigeants nasrides au Moyen Âge. Il visait à alimenter les cours, fontaines, jardins, vergers et bassins perchés à 840 mètres de hauteur sur la colline de la Sabika. Un canal de 6 kilomètres (Acequia Real) puisait l’eau dans la rivière Darro puis celle-ci était acheminée grâce à des roues à aubes, bassins, tuyaux et canaux plus petits. Une partie de ce canal demeure visible dans le Patio de la Acequia du Généralife. Des citernes furent également aménagées par les Maures pour récupérer l’eau de pluie. Ces techniques ingénieuses font l’objet d’études scientifiques pour réhabiliter d’autres canaux anciens de la cité de Grenade (à l’instar de l’Acequia Real) et aider à l’optimisation de cette ressource vitale pour notre écosystème.
  • Le dernier souverain musulman à régner en Espagne fut Boabdil (de son vrai nom Mohammed XII az-Zughbî), 22e émir nasride de Grenade. Surnommé El Moro (« le Maure »), il capitula en 1492 en remettant les clés de l’enceinte fortifiée aux rois catholiques d’Espagne (celle-ci fut rattachée au Royaume de Grenade au sein de la couronne de Castille). Contraint à l’exil, une légende raconte que Boabdil pleura au lieu-dit du « dernier soupir du maure » lorsqu’il regarda pour la dernière fois sa capitale au loin tandis que sa mère lui asséna la phrase suivante : « tu pleures comme une femme pour un royaume perdu que tu n’as pas su défendre comme un homme ».
  • Le Palais de Charles Quint est l’un des premier palais de style Renaissance italienne à avoir été construit en dehors d’Italie. Il est l’œuvre de l’architecte espagnol Pedro Machuca, qui fut vraisemblablement l’ancien disciple de Michel-Ange à Rome.
  • L’intérieur des bâtiments comprend plusieurs itinéraires de telle façon que les différentes classes sociales (sultan, famille royale, bureaucrate, personnel de service) ne pouvaient se croiser dans les couloirs.
  • Entre le XVIe et le XVIIIe siècles, les palais de l’Alhambra à Grenade furent laissé à l’abandon et soumis à de nombreux pillages avant de susciter l’intérêt de nombreux artistes, architectes et mathématiciens aboutissant à sa restauration complète au XXe siècle. Durant cette période creuse, les bâtiments du complexe palatial ont longtemps servi de refuge aux gitans qui s’établirent dans les habitats troglodytes et grottes du quartier de Sacromonte depuis la prise de Grenade par les rois catholiques.
  • Un nouveau système de billetterie a été instauré en 2020 pour visiter l’Alhambra de Grenade. Plusieurs options de visites guidées et visites nocturnes sont possibles mais seul le billet d’entrée générale (Alhambra General) permet d’accéder à l’ensemble du site.
  • Les billets sont nominatifs, limités à 10 personnes par achat, et nécessitent de renseigner le numéro de carte d’identité nationale (pour les ressortissants de l’UE) ou de passeport (personnes hors UE) de chaque visiteur.
  • Pour éviter toute déconvenue à votre arrivée, il est fortement recommandé de réserver vos billets à l’avance en ligne (l’accès étant fixé à un nombre limité de personnes, il vous sera demandé le jour et l’heure de visite souhaités).
  • Veillez à vous rendre sur place une heure avant l’heure prévue et entamez votre itinéraire à partir des Palais Nasrides. Évitez autant que possible les week-ends d’été et les jours fériés, périodes privilégiées par les Espagnols pour visiter l’Alhambra de Grenade.
  • Dans le cadre d’un court séjour dans la cité de Grenade, il peut être intéressant de se procurer la carte Granada Bono Turístico. Valable trois ou cinq jours, elle permet de bénéficier de nombreuses réductions et de cumuler le transport gratuit en bus public avec la visite de plusieurs monuments de Grenade.

Où manger

  • Artesana Pic Nic
    (excellente pizza)
  • La Bodega De Vinny
    (tapas délicieuses)
  • Cacho & Pepe
    (excellent traiteur italien)

Où flâner

  • Mirador de San Nicolas
    (vue panoramique sur l'Alhambra)
  • Alcaiceria
    (marché d'artisanat)
  • Parc des Sciences
    (à faire avec ses enfants)

Où séjourner

  • Hotel Mirador Arabeluj
    (vue spectaculaire sur la ville)
  • Hotel Casa 1800 Granada
    (au cœur de Grenade)
  • Parador de Granada
    (superbe hôtel dans l'Alhambra)