Rocamadour

Une terre de spiritualité au charme indéniable

Adresse

46500 Rocamadour, France

GPS : 44.800022484215, 1.6182872380982

Itinéraire

Dominant une gorge de la rivière Alzou, Rocamadour est un petit village du Lot, à la frontière du Périgord Noir, au sud du centre de la France. Cette bourgade de 600 habitants, perchée sur le flanc d’une falaise au-dessus la vallée de la Dordogne, est un haut lieu de pèlerinage depuis le XIIe siècle. Occupé par l’homme dès le Paléolithique, l’éperon rocheux de Rocamadour devient la « citadelle de la foi » à partir de 1166. Cette année-là, des moines découvrent une sépulture dont le corps est parfaitement conservé. Ils l’identifient comme étant celui d’un ermite connu pour avoir évangélisé l’ancienne province française du Quercy au IIIe siècle. Nommé Saint Amadour, ce personnage religieux donnera son nom au village. Ce n’est que bien plus tard, en 1427, que les autorités ecclésiastiques estimeront qu’il s’agit plutôt de la dépouille de Zachée de l’Évangile, compagnon de Jésus-Christ.

Suite à cette découverte majeure, le Sanctuaire de Notre-Dame de Rocamadour est érigé. Il abrite plusieurs chapelles et une basilique. Au cours des siècles, les pèlerins affluent de plus en plus nombreux pour vénérer Saint Amadour et pour prier Notre-Dame de Rocamadour, une statue miraculeuse de la Vierge Noire. Au Moyen Âge, certains privilèges pouvaient ainsi être octroyés par les rois et les évêques à tous ceux ayant accompli le pèlerinage. Les fidèles doivent notamment faire l’ascension des 216 marches de repentir du grand escalier de Rocamadour à genoux. Symbole du rayonnement de cette cité mariale, de nombreux rois tels que Henri II d’Angleterre, Charles IV (Charles le Bel) et Louis IX (Saint Louis) ainsi qu’Aliénor d’Aquitaine se rendent à Rocamadour pour y déposer des offrandes et honorer la Vierge Noire.

La Vierge Noire attire de nombreux pèlerins et s’avère particulièrement vénérée des marins. Une cloche du IXe siècle de la chapelle Notre-Dame de Rocamadour sonne toute seule lorsqu’un miracle se produit en mer bien qu’elle soit distante de 200 kilomètres des côtes les plus proches. Elle est également réputée pour ses pouvoirs de guérison. Ainsi, les Bénédictins recensent un total de 126 cas miraculeux imputés à la Vierge Noire à partir de 1172. Endommagé pendant les guerres de Religion, pillé par les protestants en 1562 puis sous la Révolution Française, Rocamadour perd de son rayonnement avant de redevenir populaire au XIXe siècle. Avec 1,5 million de visiteurs chaque année, cette terre de légendes et de croyances fait aujourd’hui partie des sites les plus visités de France. La devise de la ville et du sanctuaire marial « L’espérance ferme comme le roc » continue d’attirer les touristes et les pèlerins dans ce lieu hors du commun.

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  • L’ambiance spirituelle du sanctuaire marial et le génie des bâtisseurs ; l’atmosphère romantique du lieu à la nuit tombée dans un décor médiéval
  • La basilique Saint-Sauveur de Rocamadour et ses fresques du XIIe siècle ; la crypte Saint Amadour et les sept chapelles du sanctuaire accessibles par le grand escalier du pèlerin (ou en ascenseur) ; la Vierge Noire visible dans la chapelle Notre-Dame ; les reliques de Saint Amadour
  • Le château surplombant le rocher, les remparts, les portes à arches en pierre et les maisons anciennes du village ; l’épée Durandal associée à Roland (fidèle compagnon de Charlemagne)
  • Les visites du sanctuaire de nuit (en juillet-août) ; la vue sur Rocamadour depuis le lieu-dit l’Hospitalet
  • Les falaises calcaires et les formations rocheuses du causse de Gramat ; la vallée et les gorges creusées par la rivière Alzou
  • Le Rocher des Aigles (spectacle de rapaces et d’aigles) ; la Forêt des Singes (forêt où vivent en liberté une centaine de macaques de barbarie) ; les spectacles équestres et animations historiques (organisés dans le parc Durandal)
  • Les peintures rupestres de la Grotte Préhistorique des Merveilles (accessible d’avril à novembre) et de la grotte de Linars (non visitable mais occupée par l’homme il y a 10 000 ans) ; le Moulin à Eau de Cougnaguet (à 5 kilomètres de Rocamadour) ; la visite gratuite de la ferme La Borie D’imbert (fabrique du célèbre fromage Rocamadour)
  • La pratique de la randonnée à travers les vallées, les falaises et le plateau calcaire du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy dont la Boucle du Moulin du Saut (circuit de 4,5 kilomètres sur la commune voisine de Gramat) ; les paysages parsemés de petites constructions et murets en pierre sèche (censés délimités les aires de pâturage des chèvres)
  • Le Festival de Rocamadour en août (concerts de musique classique dans la Basilique Saint-Sauveur et résidences d’artistes) ; l’événement des Montgolfiades de Rocamadour organisé chaque année en septembre (spectacle de vols en montgolfières) ; les processions aux flambeaux (les samedis en été)
  • À partir de la fin du XIIe siècle, la popularité du sanctuaire de Rocamadour est telle qu’il rivalisait avec les sites mythiques de Rome, Jérusalem et Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins affluaient par milliers de toute l’Europe pour prier la Vierge Noire, synonyme de fécondité. Dans la région du Quercy, ils empruntaient de larges sentiers délimités par des murets en pierre sèche qui furent aménagés par les bergers pour leurs troupeaux de chèvres.
  • Aucun miracle n’est imputable à Saint Amadour, mais au Moyen Âge, son corps parfaitement conservé suscita la foi des fidèles. En 1562, lors des guerres de Religion, les protestants brûlèrent sa dépouille. Ses ossements qui furent conservés comme reliques et placés dans un coffre continuèrent d’être vénérés durant 400 ans. Puis, dans les années 1970, sur fond de suspicion quant à leur authenticité, les reliques furent retirées de la vue du public. Il fallut attendre 2016 pour qu’elles réintègrent le sanctuaire, en l’honneur du 850e anniversaire de la découverte de Saint Amadour.
  • La Vierge Noire de Rocamadour est considérée comme la survivance christianisée des déesses-mères de l’Antiquité. Les partisans de cette théorie, dont le professeur d’égyptologie Ashraf Sadek, l’assimilent souvent à la déesse égyptienne Isis. L’origine de cette petite statue de bois est inconnue et porte à controverse. Elle serait probablement postérieure au XIIe siècle. Son apparence évoque celle d’une femme d’âge mûr. Étrangement, elle ne porte pas de coiffe ni de voile, des éléments pourtant indissociables des « femmes honnêtes » au Moyen Âge. Ses cheveux légèrement ondulés flottant librement furent « effacés » lors d’une restauration effectuée après la Seconde Guerre mondiale. La main droite de l’enfant reposant sur son genou est coupée. Il est donc impossible de connaître l’objet qu’il tenait. La statue d’origine a certainement été profondément transformée, et à de multiples reprises.
  • Pour se protéger des menaces de l’extérieur (guerres, bandits, assaillants), les moines fondèrent une garnison de soldats au XIVe siècle. Celle-ci était chargée de veiller non seulement sur le sanctuaire mais aussi sur les pèlerins qui généraient des retombées économiques non négligeables dans la région. Un escalier secret creusé dans la roche permettait aux soldats de rejoindre les remparts depuis la sacristie pour guetter d’éventuelles attaques.
  • Une très ancienne épée est conservée dans une paroi rocheuse de Rocamadour. La tradition locale affirme qu’il s’agit de Durandal, l’épée de Roland, le neveu de Charlemagne. On raconte que celles qui la touchent tombent enceintes dans l’année. C’est probablement pour éviter le spectacle de femmes remontant leur robe pour se hisser sur les épaules de leur mari que l’épée a été déplacée dans un endroit bien plus inaccessible.
  • Le Rocamadour est le nom AOP (Appellation d’Origine Protégée) et AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) du cabécou, un fromage de chèvre préparé à partir de lait cru entier. Ce petit fromage rond et plat est de texture crémeuse. Il est produit depuis l’époque médiévale par de petits élevages caprins et familiaux du Quercy (les pèlerins en raffolaient).
  • Un ascenseur ou un grand escalier permet d’atteindre les sanctuaires depuis la cité médiévale.
  • Passer une nuit dans le village de Rocamadour, après avoir visité la cité le même jour, fera de vous un hôte privilégié compte-tenu de la faible capacité d’accueil de la cité (il est conseillé de réserver son hébergement et son restaurant à l’avance).
  • Pour immortaliser la fin de votre séjour, n’oubliez pas de goûter le petit fromage de chèvre ayant hérité du nom de Rocamadour (à déguster chaud ou froid avec du pain toasté).
  • Au sud de Rocamadour, dans le parc naturel régional des Causses du Quercy, un autre village médiéval en surplomb de la rivière du Lot mérite le détour. Niché au sommet d’une falaise, il s’agit de Saint-Cirq-Lapopie, une petite localité de 200 habitants classée parmi les plus beaux villages de France (comptez une heure de trajet en voiture au départ de Rocamadour).

Où manger

  • Auberge du Coustalou
    (cuisine locale et familiale)
  • Le Voyage D'Ernestine
    (plats régionaux revisités)
  • Jehan de Valon
    (au cœur de Rocamadour)

Où flâner

  • Gouffre de Padirac
    (cavité vertigineuse)
  • Marché de Sarlat
    (produits du terroir)
  • Grottes de Lacave
    (visite lumineuse)

Où séjourner

  • Le bout du Roc
    (maison d'hôtes amicale)
  • Hôtel Beau Site Notre Dame
    (belle bâtisse médiévale)
  • Hôtel Le Troubadour
    (aux portes de Rocamadour)