Place Saint-Marc

Le plus beau salon d’Europe

Adresse

Piazza San Marco, Venise, Italie

GPS : 45.435045302629, 12.339125141556

Itinéraire

Aménagée à partir du XIe siècle et mondialement connue, la place Saint-Marc est l’ancien centre politique, religieux, culturel, social et économique de la république maritime de Venise (État indépendant de la fin du VIIe à la fin du XVIIIe siècles). Elle est louée pour son ordonnancement architectural et constitue la seule place de la ville à détenir le titre de piazza (les autres places vénitiennes étant surnommées campo). Pigeons et promeneurs s’y côtoient quotidiennement autour des légendaires cafés occupant d’élégants bâtiments à arcade de la célèbre Piazza San Marco.

Après la chute de l’Empire romain au Ve siècle, Venise passe sous domination byzantine. Cette ville-État, aménagée sur des terres marécageuses, se développe rapidement grâce à l’activité économique de son port et l’ampleur de sa flotte. Avant même la chute de l’Empire byzantin, la cité finit par devenir la capitale de la république de Venise (surnommée la Sérénissime), une des plus grandes puissances maritimes du bassin méditerranéen au Moyen Âge. Au XIIIe siècle, la place Saint-Marc s’illustre comme l’un des principaux lieux d’échanges commerciaux au monde grâce à la présence de riches marchands, son emplacement stratégique au bord de la mer Adriatique et aux talents de navigation de l’Italien Marco Polo. Ce dernier connaît bien l’Asie et le commerce avec l’Orient, son père ayant travaillé plusieurs années pour l’empereur mongol Kubilai Khan. Durant cette période florissante, Venise fait partie des grandes routes commerciales de la soie, des céréales et des épices entre les continents européen et asiatique. Son territoire s’étoffe et son patrimoine se garnit d’une grande variété d’objets artistiques venus d’ailleurs grâce à la conquête de nouvelles provinces autour du bassin méditerranéen. Au XVIIIe siècle, visiter la place Saint-Marc est tendance et la lagune vénitienne s’impose comme l’une des premières destinations touristiques au monde. La Piazza San Marco devient alors une étape majeure pour de jeunes nobles ou aristocrates venus parfaire leur éducation en Europe à travers une série de voyages culturels appelés le Grand Tour.

Lieu romantique par excellence, la place Saint-Marc est le fruit de plusieurs phases de construction et d’aménagement urbains. Elle est bordée par le Grand Canal (principale voie d’eau traversant Venise), la Basilique Saint-Marc (plus important édifice religieux de la ville), le clocher Campanile (plus grand monument de la cité lacustre), la Tour de l’Horloge (aux allures de porte monumentale), le palais des Doges (ancienne résidence officielle du premier magistrat de la République de Venise), les Procuratie Vecchie (superbe façade à colonnes, portiques et arcades), les Procuratie Nuove (modèle de la Renaissance vénitienne) et enfin l’aile napoléonienne (marquant l’entrée du musée Correr). Symbole de la cité flottante de Venise, une sculpture de lion d’or ailé importée d’Asie mineure et surnommée le Lion de saint Marc représente le Saint Patron de la ville.

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  • Une cité émergeant de la lagune et érigée sur l’eau il y a 1 000 ans qui n’a pas d’équivalent dans le monde ; le pavage massif et la cohérence architecturale de la place Saint-Marc (180 mètres de long pour 80 mètres de large) concourant au romantisme du lieu ; le caractère extravagant et l’ambiance magique se dégageant du cœur historique de Venise
  • Les élégants édifices jouxtant la place : la basilique Saint-Marc achevée au XIe siècle (comptant cinq coupoles, elle combine des détails byzantin, roman, islamique, gothique, Renaissance et possède de remarquables mosaïques du XIIIe siècle) ; le Palais des Doges (de styles gothique et Renaissance, il servait de siège du gouvernement de l’ancienne république de Venise) ; le campanile de Saint-Marc (ancienne tour de garde) ; la tour de l’horloge (superbe mécanisme du XVe siècle)
  • Les monuments du XVIe et XVIIe siècles des Procuraties Vecchie au nord et Nuove au sud (anciens appartements occupés par les procurateurs et hauts fonctionnaires de la république de Venise) ; l’aile Napoléon à l’ouest construite au début du XIXe siècle pour relier les Procuraties Vecchie et Nuove (elle était couverte de décorations à la gloire de Napoléon Bonaparte)
  • La vue imprenable sur la cité des Doges et la lagune formée par l’estuaire du fleuve Pô du haut de la tour du Campanile de Saint-Marc
  • La Piazzetta San Marco donnant sur le Grand Canal de Venise (ce dernier s’étend sur près de 4 kilomètres de long et 60 mètres de largeur en moyenne) ; les balades en gondole ou à bord d’un vaporetto (bateau-bus fonctionnant en journée et le soir) ; les palais anciens superbement décorés
  • Les rues commerçantes et boutiques de luxe menant au Pont du Rialto (le plus ancien du Grand Canal) et au Pont des Soupirs (reliant d’anciennes prisons du palais des Doges) ; les cafés mythiques et prestigieux aménagés sous les arcades de la place Saint-Marc (parmi lesquels le Caffé Florian ouvert en 1720 et le Caffé Quadri inauguré en 1775) ; l’art de vivre à la vénitienne
  • À proximité, le musée archéologique de Venise, l’opéra de Venise La Fenice et le Museo Correr (le musée de la ville et de l’histoire vénitienne) ; la Biblioteca Marciana bordant le Grand Canal (cette bibliothèque du XVe siècle renferme une incroyable collection de manuscrits, cartes et livres anciens) ; les jardins royaux Giardinetti Reali
  • Un lieu dépourvu de toute circulation automobile ; le réseau de trains mythiques de l’Orient Express reliant la gare de Venise-Santa-Lucia à plusieurs capitales européennes (Londres, Paris, Vienne, Istanbul) ; le lion ailé incarnant la splendeur de la cité ; une constellation d’une centaine d’îles pittoresques disséminées dans la lagune de Venise (parmi lesquelles Murano, Burano, Torcello, San Michele, San Francesco Del Deserto, San Lazzaro, Chioggia, Giudecca, Lido, Mazzorbo, San Erasmo, Vignole…)
  • L’indémodable carnaval de Venise et son ambiance de fête (au mois de février) ; la régate historique se déroulant le premier dimanche de septembre (cortège de bateaux, défilé de costumes du XVe siècle et course de rames se pratiquant en position debout sur le Grand Canal de Venise)
  • Fondé en 528, Venise est resté la capitale de la république de Venise durant 11 siècles. La ville et la région de la Vénétie doivent leur nom au peuple des Venètes qui habitaient le nord-est de l’Italie dans l’antiquité.
  • Les fondations de la cité reposent depuis des siècles sur un système de pieux, de piles et de pilotis en bois ancrés dans la vase. En l’espace d’un siècle, la ville qui est répartie sur un total de 118 îles et îlots (en majorité artificiels), s’est enfoncée de 30 centimètres.
  • Un total de 120 doges se sont succédé à Venise durant l’ère de la république de Venise entre les VIIe et XVIIIe siècles. Ce haut dirigeant, choisi parmi les membres du Grand Conseil (composés de nobles et aristocrates vénitiens), représentait le chef de l’exécutif du gouvernement. À partir du XIIIe siècle, son action et ses pouvoirs étaient contrôlés par des oligarques membres du Conseil des Dix. Le port et la flotte de Venise régnaient en maître sur la mer Méditerranée. Le déclin politique et commercial de la république vénitienne s’amorça à la fin du XVIe siècle et coïncidait avec la montée en puissance des Ottomans dans le bassin méditerranéen. Le dernier doge en exercice (Ludovico Manin) fut contraint d’abdiquer après l’invasion des armées françaises en 1797. Lorsque Napoléon Bonaparte découvrit la place Saint-Marc pour la première fois avec ses troupes, il qualifia cet ensemble architectural de « plus beau salon d’Europe dont seul le ciel est digne de servir de plafond ».
  • Au tout début du XVIe siècle, Venise comptait parmi les villes les plus peuplées au monde (environ 120 000 habitants). Selon Sabine Frommel (historienne de l’art, spécialiste allemande de la Renaissance française et italienne), c’est à cette époque que la place Saint-Marc prit sa configuration actuelle. Les fêtes, réceptions officielles, processions religieuses et le carnaval étaient organisés à cet endroit, tout comme l’annonce des condamnations publiques et des exécutions capitales.
  • Dans son histoire, le campanile de Saint-Marc de Venise a souffert de nombreux problèmes de stabilité. L’édification initiale de cette tour d’une centaine de mètres de hauteur remonte au IXe siècle et le chantier s’échelonna sur près de 250 ans. Elle fut victime de plusieurs incendies et tremblements de terre provoquant des chutes de pierre et l’apparition de fissures importantes dans sa structure. Fortement fragilisée, la tour s’écroula en 1902. Une loterie et une souscription nationale permirent de la reconstruire à l’identique une dizaine d’années plus tard. Son sommet arbore la statue girouette d’un ange d’or représentant l’archange Gabriel. Le célèbre mathématicien, géomètre, physicien et astronome italien Galilée utilisa au tout début du XVIIe siècle le clocher du campanile pour présenter au sénat de Venise une de ses brillantes inventions (la lunette astronomique). Celle-ci facilita les premières observations et études sur la Lune et les corps célestes.
  • La piazzetta San Marco (partie de la place donnant sur le canal entre le palais des Doges et la biblioteca Marciana) abrite deux grandes colonnes. Érigées respectivement en marbre et en bronze au XIIe siècle, elles sont consacrées à deux personnages importants dans l’histoire de Venise : Théodore Tiron (saint patron de la ville jusqu’en 826) et l’évangéliste saint Marc (représenté par un lion ailé en bronze, il fut choisi l’année suivante pour incarner le nouveau protecteur céleste de la cité dans le but de rivaliser avec Rome). Sur ordre du 11e doge (Giustiniano Participazio), les reliques sacrées de saint Marc furent volées et exfiltrées par deux navigateurs vénitiens en Égypte, près d’Alexandrie. Une petite église fut alors construite sur la place Saint-Marc par le doge de Venise pour abriter ces reliques (ce monument deviendra plus tard la Basilique Saint-Marc). Un certain nombre de légendes entourent ces deux colonnes et par superstition, il est coutume que les habitants de Venise évitent de passer entre l’une et l’autre.
  • Au XVIIIe siècle, la Sérénissime s’affirmait comme une destination érotique centrée sur les jeux et la luxure. C’est à cette période que Giacomo Casanova construisit sa réputation d’aventurier vénitien et de grand séducteur. En 1755, il fut arrêté par les autorités et emprisonné dans une cellule de la prison des plombs, installée dans les combles du palais des Doges. Avec son compagnon de cellule (un prêtre du nom de Marino Baldi), Casanova réussit l’exploit de s’évader. Il s’agit de la seule évasion connue dans l’histoire de cette prison.
  • Menacé par la montée des eaux de la lagune, Venise ne compte plus que 56 000 habitants intra-muros contre 250 000 âmes au XVIIIe siècle. Victime de sa splendeur, la ville a perdu 20 % de ses habitants en 20 ans, un chiffre qui monte à 60 000 sur ces 40 dernières années avec l’explosion de l’activité du tourisme.
  • La place Saint-Marc étant le lieu le plus bas de Venise, aucun habitant du quartier ne vit au rez-de-chaussée en raison des fréquentes inondations dues aux marées. Ce phénomène naturel se produisant généralement en hiver est appelé « acqua alta » et représente la plus grande menace qui pèse sur le patrimoine de la place Saint-Marc. Depuis les premiers relevés effectués, l’année 1966 détient le record de montée du niveau des eaux dans le centre de Venise (1,94 mètre au-dessus du niveau de la mer). Ce chiffre faillit être battu récemment, en novembre 2019 (1,87 mètre contre 1,30 mètre enregistré en moyenne dans le passé). Cette année-là, la ville fut inondée à hauteur de 80 % de sa superficie et l’eau causa d’importants dégâts matériels et architecturaux sur les bâtiments. Alors que ce phénomène pourrait s’amplifier à l’avenir avec la hausse inéluctable du niveau des eaux, un grand projet fut lancé au début des années 2000 sauver la cité. Intitulé Mose (acronyme signifiant Moïse en italien), ce système d’ingénierie complexe vise à fermer les trois passes de la lagune de Venise à l’aide de digues mobiles. Il s’agit de portes actionnables agissant comme un barrage les jours de grande marée dès lors que le seuil de 1,10 mètres est franchi. Critiqué pour son coût d’investissement exorbitant (plusieurs milliards d’euros), l’effort financier nécessaire pour l’entretien des digues chaque année, la portée limitée du système (car agissant uniquement durant l’acqua alta), son impact sur l’écosystème naturel de la lagune (l’eau ne pouvant plus circuler avec des conséquences sur la faune et la flore, la salinité et la température de l’eau), les scandales à répétition liés à la qualité des travaux ou à des malversations financières ainsi que pour des retards répétés, ce projet est opérationnel depuis octobre 2020. D’après les premiers tests réalisés en condition réelle, il semble que ce barrage parvienne pour l’instant à protéger les fondations de la cité contre les grandes marées.
  • Avec des marées qui s’intensifient et un niveau d’eau moyen qui ne cesse d’augmenter (10 cm de plus depuis les années 1960), l’avenir de Venise est plus qu’incertain. Sur les 10 épisodes les plus importants d’acqua alta, un phénomène naturel qui a toujours existé dans l’histoire de la Sérénissime, la moitié se sont produits ces 20 dernières années. Des spécialistes pensent que pour sauver la cité des Doges, il faudra probablement fermer la lagune dont Venise est dépendante ce qui bouleversera l’écosystème et la biodiversité. S’enfonçant de plus en plus, Venise pourrait être l’une des premières villes à disparaître sous les eaux vers la fin du siècle à cause du réchauffement climatique. La protection et le développement des marais salants à l’intérieur du système lagunaire de Venise pourraient aider à réguler le niveau d’eau général et sauvegarder l’environnement (toutefois il reste beaucoup à faire car seuls un sixième des marais salants subsistent encore aujourd’hui).
  • Le bâtiment des Procuratie Vecchie de la place Saint-Marc appartient à la compagnie d’assurance italienne Generali (son logo arbore l’emblème ailé du Lion de Saint-Marc). En cours de rénovation, ce lieu prestigieux va bientôt rouvrir ses portes au public pour la première fois depuis cinq siècles.
  • Venise possède le record mondial en termes de proportion de logements utilisés à des fins touristiques (25 %). Elle accueille près de 30 millions de visiteurs par an dont une grande partie émane des bateaux de croisière (à raison de 15 unités par semaine). Aussi, beaucoup de personnes ne passent que quelques heures à visiter le centre de la cité et ne dorment pas sur place. Ce tourisme de masse a tendance à fragiliser les vieux monuments, générer des fuites dans les nappes phréatiques et accroître la quantité des ordures. Les grands paquebots, toujours plus massifs et nombreux à opérer, représentent une menace constante pour la pérennité des fondations de la cité vénitienne. Pour les faire circuler, il fut nécessaire de creuser la lagune qui est naturellement peu profonde. Le passage des navires de croisières provoque des vagues qui rongent les parties inférieures des bâtiments tandis que les remous altèrent les piliers en bois constituant la base des édifices. Ces pressions exercées sur les rives peuvent provoquer à terme des effondrements du patrimoine bâti et architectural, augmenter l’érosion et changer le régime des eaux. À court ou moyen terme, la cité pourrait se voir inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril par l’Unesco si aucun effort n’est fait par les autorités pour mieux gérer l’afflux de touristes et endiguer les dommages causés par les paquebots de croisière.
  • À certaines périodes de l’année, la place Saint-Marc peut être inondée et rendue inaccessible au public en raison du phénomène de l’acqua alta (haute marée). N’hésitez pas à vous renseigner avant de réserver les dates de votre prochain séjour.
  • Bien qu’il ne soit pas respecté des visiteurs, un règlement interdit de s’asseoir sur la place Saint-Marc pour pique-niquer. De même, il est proscrit de nourrir les pigeons sur la place car ils participent à la dégradation des bâtiments de la cité (des amendes de 500€ peuvent être dirigées à l’encontre des contrevenants).
  • La place Saint-Marc reste un lieu de passage incontournable. Pour échapper à la horde de touristes qui se concentrent massivement autour des bâtiments de style Renaissance, n’hésitez pas à visiter Venise autrement. En marge des principaux itinéraires touristiques, la Sérénissime regorge de petits canaux, ponts charmants, balcons fleuris, terrasses sur les toits et cours intérieures cachées.
  • Si vous disposez de suffisamment de temps devant vous, optez pour une visite de Murano, une île réputée pour ses maîtres-verriers (distante de 5 kilomètres, elle est facilement accessible en vaporetto). Répartis dans 150 ateliers, les artisans verriers de Murano perpétuent des procédés et techniques de fabrication datant du Moyen Âge (ils ne travaillent le verre qu’à la main et réalisent des démonstrations de soufflage de verre). Un label officiel garantit l’authenticité et l’origine du verre (Vetro Artistico® Murano) tout en vous évitant d’acheter des objets contrefaits et non produits localement.
  • D’autres îles de la lagune comme Burano (village de pêcheurs spécialisé dans la dentelle), Mazzorbo (terre de vergers et de vignobles) ou encore Torcello (lieu d’installation des premiers habitants de Venise qui n’est plus du tout peuplé) méritent une excursion.

Où manger

  • Pasticceria Da Bonifacio
    (excellentes pâtisseries)
  • Cantine del Vino Gia Schiavi
    (institution locale)
  • Osteria alle Testiere
    (très bon produits de la mer)

Où flâner

  • Marchés du Rialto
    (trois marchés en un)
  • Basilique San Giorgio Maggiore...
    (belle vue sur la place Saint-Marc)
  • Gallerie dell'Accademia de Venise
    (grands tableaux vénitiens)

Où séjourner

  • Istituto San Giuseppe
    (ancien couvent)
  • Hotel Flora
    (ravissant et bien placé)
  • Gritti Palace
    (au bord du Grand Canal)