Le temple Kiyomizu-dera, un sanctuaire bouddhiste majeur de Kyoto

Un lieu saint du Japon où la compassion règne en maître

Adresse

294 Kiyomizu, Higashiyama Ward, Kyoto, Kyoto Prefecture 605-0862, Japon

GPS : 34.996545032735, 135.78706410803

Itinéraire

Lieu de pèlerinage bouddhiste comprenant plusieurs sanctuaires sacrés, le temple Kiyomizu-dera est situé sur les collines de Kyoto, à l’est de la cité nippone. Ce complexe de temples est érigé à la fin du VIIIe siècle par le shogun (général) Sakanoue no Tamuramaro sous l’égide de Kanmu (ou Kammu), 50e empereur du Japon. Son accession au trône marque le passage de l’époque de Nara (marquée par l’émergence du courant du bouddhisme en provenance de Chine) à l’époque de Heian (correspondant à l’âge d’or du Japon impérial). Pendant son règne, le prince héritier déplace la capitale du pays à deux reprises pour finalement établir sa cour à Heian-kyō, dans l’actuel centre-ville de Kyoto.

Dévasté par plusieurs incendies, le temple Kiyomizu-dera est reconstruit à l’identique par le troisième shogun de la dynastie du shogunat Tokugawa (Tokugawa Iemitsu) en 1633 durant l’époque d’Edo. Il est associé à l’école Hosso, un des plus anciens lieux d’enseignement du bouddhisme japonais. Ce lieu est considéré comme un trésor national et demeure un des biens les plus précieux du Japon. Il comprend également un sanctuaire shinto, Jishu-Jinja, servant de lieu de culte au shintoïsme (mélange de croyances religieuses et animistes anciennes dans l’histoire du Japon). Kiyomizu-dera occupe un vaste espace spirituel signifiant « Temple à l’eau pure » en référence aux eaux sacrées de l’étroite cascade Otowa-no-taki, située en contrebas.

Chargé d’histoire et de mythes, le pavillon principal (Hondō) de Kiyomizu-dera comprend une vaste véranda soutenue par une centaine de piliers massifs en bois assemblés sans l’aide d’un seul clou. Cette méthode de construction traditionnelle, appelée Kakezukuri, est particulièrement utilisée sur des pentes raides ou sur des collines rocheuses. Elle se veut en parfaite symbiose avec son environnement naturel. La salle principale du temple Kiyomizu-dera est dédiée à la déesse de la miséricorde, le Bodhisattva Kannon. Elle cache une statue de 11 têtes et 1 000 bras qui n’est dévoilée au public que tous les 33 ans (la dernière représentation date de 2010). En plus de pouvoir visiter le temple Kiyomizu-dera en nocturne, deux évènements saisonniers majeurs participent à l’embellissement du site chaque année. Les sakura (cerisiers fleuris) au printemps et les momiji (érables aux feuilles rouges) à l’automne font partie des moments les plus attendus par les habitants de Kyoto qui se pressent par milliers pour assister au spectacle.

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  • Vieilles de 1 200 ans, les fondations du temple sont situées à l’emplacement d’une source d’eau pure mise à jour par un prêtre sur un chemin menant au sommet du mont Otowa (chaîne de montagnes Higashiyama).
  • Le temple Kiyomizu-dera est composé d’une trentaine de bâtiments. Il a connu une dizaine d’incendies depuis son édification au VIIIe siècle. Pour le protéger, une association pour la sécurité du temple s’est créée et compte parmi ses membres des commerçants, des chefs d’entreprises et des moines chargés d’intervenir rapidement en cas de départ de feu.
  • Dans le passé, la plateforme du temple était accessoirement utilisée comme tremplin à partir duquel les gens sautaient pour exaucer leur vœux (à 15 mètres au-dessus du sol). Durant l’époque d’Edo (entre le début du XVIIe siècle et la seconde moitié du XIXe siècle), cette pratique dangereuse aurait coûté la vie à 35 personnes sur plus de 200 tentatives. Elle est désormais interdite mais s’est transformée en une expression linguistique utilisée couramment au Japon : « se jeter du Kiyomizu-dera » est l’équivalent de « se jeter à l’eau » en français.
  • La cascade Otowa-no-taki, composée de trois petits conduits, apporterait longévité, amour et réussite à tous ceux qui la boirait. Utiliser ses trois canaux au lieu d’un seul pour s’alimenter en eau est en revanche considéré comme excessif et aurait l’effet inverse escompté. Cette cascade aurait non seulement des propriétés curatives mais aussi une propension naturelle à satisfaire les prières.
  • Les cendres du Bouddha reposeraient dans un bâtiment appelé Taho-kaku. Celui-ci renferme également une grande pierre noire de 4 mètres de long sur laquelle sont gravés les empreintes du Bouddha dans du marbre noir (cette relique est nommée Bussokuseki).
  • Au sanctuaire shinto Jishu-Jinja, deux pierres d’amour sont positionnées à 18 mètres de distance l’une de l’autre. Il est dit que si vous atteignez la pierre opposée les yeux fermés, votre quête d’amour sera comblée sans aide extérieure (elle le sera en revanche en passant par une personne tierse si vous avez besoin d’être guidé pour atteindre la pierre).
  • Le temple Kiyomizu-dera compte 200 petites statues en pierre de Jizo que l’on peut assimiler à un cimetière. Cette divinité bouddhiste est connue pour être l’ami et le protecteur des enfants. La tradition veut que des parents en deuil ayant perdu leur enfant très jeune accrochent un bavoir sur l’une de ces statues (pour aider leur âme à atteindre l’au-delà).
  • Le pavillon principal (Hondō) du sanctuaire a fait l’objet de grands travaux de restauration ces 15 dernières années. La toiture est dorénavant équipée d’une nouvelle couverture de chaume en écorce de hinoki (cyprès japonais). Le bois utilisé dans les travaux et reconstructions successives du temple Kiyomizu est compensé par de nouvelles plantations d’arbres dans la forêt environnante.
  • Une salle inaccessible du temple renferme les statues les plus vénérées des lieux. Il s’agit des Hibutsu, que l’on peut traduire littéralement par « Bouddha secrets » (ou cachés) et qui sont éclairés en continu par des warôsoku (bougies japonaises).
  • Le temple Kiyomizu-dera est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994 sous l’appellation « Monuments historiques de l’ancienne Kyoto ». Il est facilement accessible à pied depuis la gare ferroviaire de Kyoto (Kiyomizu-Gojō). Comptez 25 minutes de trajet à pied. Plusieurs lignes de bus desservent également les abords du sanctuaire (arrêts Gojozaka et Kiyomizu-michi).
  • Les portes du temple ouvrent au public dès 6 h du matin (l’heure de fermeture varie en fonction des périodes de l’année, autour de 18 h). Des visites guidées sont parfois prodiguées par un prêtre anglophone. Ce dernier peut vous aider à mieux percevoir le sentiment de compassion de la déesse Kannon ainsi que l’esprit divin qui se dégage de ce lieu saint unique au Japon.
  • L’entrée au sanctuaire coûte 400 ¥ (environ 3 €) par adulte et 200 ¥ (moins de 2 €) par enfant. Des visites nocturnes spéciales (Kurayami no Kiyomizudera) sont ponctuellement organisées pour profiter de la quiétude des lieux en dehors des heures d’ouverture au grand public.
  • La visite des jardins du temple Jōjuin est à ne pas manquer (rattaché au Kiyomizu-dera, ce lieu est seulement accessible un certain nombre de jours par an au printemps et à l’automne). À la nuit tombée, la lune se reflète dans un étang dans une atmosphère ensorcelante.
  • Le quartier voisin, historique et animé de Higashiyama fourmille de boutiques, magasins, cafés et restaurants. Il y est notamment vendu le Yatsuhashi, une confiserie japonaise crue ou cuite à base de farine de riz, spécialité de Kyoto.
  • D’autres temples bouddhistes de Kyoto mériteraient également une visite à l’instar des sanctuaires de Daigo-ji (au sud-est), Tofuku-ji (au sud-ouest), Ginkaku-ji, Honen-ji, Nanzen-ji et Shinyodo (au nord). Leur point commun ? Ils sont tous agrémentés d’un magnifique jardin d’érables.
  • La cité de Kyoto dispose de nombreux lieux pour apprécier le spectacle des érables aux feuilles rouges à l’automne. Il s’agit en particulier du village de montagne de Takao, la forêt de bambous d’Arashiyama, la villa Ōkōchi Sansō (situés au nord-ouest de la ville) ainsi que le Kyōto-gyoen (Jardins impériaux au centre de Kyoto).
  • Les pagodes, temples et sanctuaires en bois de style traditionnel japonais ; la valeur esthétique et spirituelle de ce lieu saint (Kannon Reijo) empreint d’une grande compassion
  • Le pavillon principal Hondō (bâtiment entièrement en bois perché sur la falaise abrupte du mont Otowa) abritant la statue du bodhisattva Kannon aux onze têtes et aux mille bras ; le gejin (sanctuaire extérieur), le naijin (sanctuaire intérieur) et le nainaijin (le saint des saints) ; le kyôdô (ou salle sutra, le pavillon de prière) ; les enseignements de la divinité Kannon transmis de génération en génération depuis des siècles
  • La porte Nio-mon ou Deva (entrée principale du temple Kiyomizu-dera), une structure à deux étages de 5 mètres de long, 10 mètres de large et 14 mètres de haut ; la porte Sai-mon (entrée ouest) bénéficiant d’un emplacement parfait pour admirer le coucher de soleil ou méditer
  • Le sanctuaire Jishu-Jinja dédié à Ōkuninushi, dieu de l’amour ; les jardins soignés du temple Jōjuin et la collection de statues de divinités bouddhistes
  • La pagode Koyasu à trois étages apportant bienveillance aux femmes enceintes ; les eaux claires, pures et sacrées de la cascade Otowa-no-taki
  • Le pavillon Zuigu-do (abritant le bodhisattva Daizuigu et la salle Tainai Meguri plongée dans l’obscurité) ; le pavillon Okuno-in (superbe vue sur le bâtiment principal Hondō ainsi que sur la cité de Kyoto)
  • Les cerisiers en fleur au printemps, la végétation verdoyante en été, les érables aux couleurs rougeâtres à l’automne et les paysages couverts de neige en hiver ; les événements traditionnels organisés dans l’enceinte du sanctuaire : Nissokan (méditation sur le soleil couchant), Seiryu-e (défilé d’artistes et d’un dragon bleu en tant qu’incarnation de Kannon), le pèlerinage des mille jours, les cloches du nouvel an, Syusho-e (semaine de prières) et Nehan-e (exposition de la peinture du Bouddha)
  • La visite du site illuminé à la nuit tombée (des visites nocturnes sont spécialement organisées en saison) ; la découverte du jardin de la lune au temple Jōjuin (en fonction du calendrier) ; le panorama sur la ville de Kyoto depuis la colline et le quartier de Higashiyama (qui porte le nom de la chaîne de montagnes située à proximité)
  • Les rues piétonnes, historiques et animées du quartier (Ninenzaka et Sannenzaka) ; les traditions séculaires des habitants (vêtus de kimono ou yukata) ; les autres temples bouddhistes situés à proximité (Yasaka Kōshin-dō et Seikan-ji)

Où manger

  • % Arabica Coffee
    (le café est fabuleux)
  • Wakana
    (le thé vert est incroyable)
  • Kikunoi
    (le maître du kaiseki)

Où flâner

  • Marché Nishiki
    (appétissant et incontournable)
  • Parc Maruyama
    (sanctuaire de cerisiers)
  • Sanjusangen-do
    (temple zen)

Où séjourner

  • Guesthouse Soi
    (moderne et accueillant)
  • Gion Ryokan Q-beh
    (auberge très pratique)
  • Motonago
    (typique et central)