Château de Chenonceau

Un joyau de la Renaissance française

Adresse

: 37150 Chenonceaux, France

GPS : 47.330270309575, 1.0662492685089

Itinéraire

Situé près de la ville d’Amboise, dans le département français d’Indre-et-Loire, le château de Chenonceau est construit au début du XVIe siècle sur le site d’un ancien château-fort. De par son style architectural, la richesse de ses pièces intérieures et le raffinement de ses jardins paysagers, il est considéré par beaucoup comme le plus romantique des châteaux de la vallée de la Loire. Ces châteaux-palais, à l’image de Chenonceau, représentent les plus beaux chefs d’œuvre issus de la période artistique de la Renaissance française. C’est sous le règne de Louis XII (début du XVIe siècle) que le domaine de Chenonceau commence à prendre forme. Il est imaginé tel une île-château inspirée des palais vénitiens par Thomas Bohier (homme politique et riche citoyen anobli), accompagné de son épouse Katherine Briçonnet.

L’histoire du château de Chenonceau est largement associée à plusieurs femmes d’importance, lesquelles auront façonné et marqué de leur empreinte ce célèbre « château des dames ». Parmi ses propriétaires célèbres, il est possible de citer dans l’ordre chronologique : Katherine Briçonnet (qui supervise sa construction en qualité d’architecte de 1513 à 1521 sur les fondations en pilotis d’un château féodal), Diane de Poitiers (la favorite du roi de France Henri II est à l’origine de l’aménagement du pont et de la création de jardins), Catherine de Médicis (l’épouse d’Henri II organise des banquets, bals ou grandes fêtes royales dans les deux galeries superposées qu’elle agence sur le pont de Diane), Louise de Lorraine (qui s’y recueille après la mort de son mari assassiné, le roi Henri III), Louise Dupin (à l’initiative de grands travaux de restauration et du sauvetage du château à la Révolution française), Marguerite Pelouze (qui réhabilite plusieurs façades de l’édifice tout en aménageant une crypte) et Simone Menier (dont les descendants sont toujours propriétaires du château de Chenonceau).

Admirable du point de vue de son élégance architecturale, le château de Chenonceau est ouvert à la visite depuis 1913 (correspondant à la date d’acquisition de la famille Menier). Il semble comme suspendu sur l’eau, fort de son magnifique pont enjambant la rivière du Cher, un affluent de la Loire. La découverte des jardins à la française est l’autre point culminant du domaine, après ses fantastiques collections de meubles anciens, de tapisseries flamandes et de tableaux de grands maîtres. La décoration florale des jardins est renouvelée deux fois par an et nécessite la plantation de dizaines de milliers de fleurs ainsi que des rosiers anciens, directement cultivés sur le domaine. Derrière l’indétrônable château de Versailles, Chenonceau fait partie des monuments historiques classés les plus visités de France avec le site voisin du Domaine national de Chambord.

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  • L’élégance incontestable du domaine et le romantisme inégalé des lieux ; la singularité architecturale et historique du château ; un joyau de la Renaissance marqué par son héritage très féminin ; le superbe pont à cinq arches reliant les deux rives du Cher
  • La galerie principale de 60 mètres de long s’étendant sur l’affluent de la Loire et ses cheminées aux deux extrémités ; la tour des Marques (un des derniers vestiges du château fort datant du XIIIe siècle), le logis Renaissance, les chambres, salons et appartements royaux, les cuisines du sous-sol (fort bien équipées) et la bibliothèque
  • Les tapisseries flamandes du XVIe siècle, les peintures françaises, les revêtements muraux, le mobilier et les bouquets de fleurs décorant chacune des pièces intérieures
  • Les Jardins à la française réputés pour leur géométrie et raffinement de Diane de Poitiers (très stylisé) et Catherine de Médicis (plus intimiste) ; les compositions et créations florales spécialement mises en place pendant les fêtes de Noël (le château dispose de son propre atelier floral depuis plus de 20 ans)
  • La ferme du XVIe siècle (comprenant une ancienne collection de voitures hippomobiles), le labyrinthe circulaire dans le parc (composé de 2 000 ifs), le potager des fleurs, le vignoble, les écuries et la chapelle (dédiée à la Vierge Marie) ; la dégustation de vin dans la cave historique du château (cave des dômes) ; l’apothicairerie de Catherine de Médicis (superbe boiserie et grande collection de bocaux)
  • L’allée d’honneur bordée de platanes à l’entrée du site ; les quatre cariatides situées dans le parc (sculptures qui faisaient autrefois partie de la façade ornée du château) ; l’environnement sauvage et forestier entourant le monument historique
  • Les promenades en gabarre sous les arches du château et la location de bateau sur le Cher (juillet-août) ; la visite des jardins de nuit (promenades nocturnes illuminées organisées les week-ends en juin et tous les soirs en juillet-août) ; le salon de thé et restaurant gastronomique du domaine (qui s’appuie sur les plantes et légumes cultivés sur le domaine)
  • L’audioguide de qualité disponible dans plus de 10 langues (une version est aussi disponible pour les enfants) ; la ruche pédagogique et le parc aux ânes (activités appréciées des jeunes publics)
  • L’ouverture du site tous les jours de l’année (les horaires peuvent varier selon la saison) ; les animations fréquemment organisées avec des animaux durant les vacances scolaires ; la possibilité de pouvoir admirer en condition réelle des opérations de restauration
  • Chenonceau est le seul château-pont au monde (à savoir l’unique construction de ce genre à toucher les deux rives d’une même rivière). Son fondateur Thomas Bohier occupait les fonctions de général des Finances tout en servant le roi de France en qualité de lieutenant-général durant les guerres d’Italie. À sa mort et en raison de malversations financières qu’il aurait commises, ce bien (appelé logis Bohier) devint propriété de la Couronne et résidence royale. Le roi François Ier en fit son pavillon de chasse mais le délaissa rapidement au profit du château de Chambord et du château de Fontainebleau. C’est après le décès du monarque que son fils Henri II l’offrit en cadeau à sa maîtresse Diane de Poitiers. Passionnée de botanique, Diane transforma les lieux en aménageant le fameux pont qui enjambe le Cher et fit sortir le château du domaine royal. Elle sollicita les talents du paysagiste Jacques Androuet du Cerceau pour imaginer des jardins d’un genre nouveau selon un plan de la Renaissance italienne (avec l’apparition du premier système de jet d’eau en France).
  • Pour s’octroyer le domaine, Catherine de Médicis (surnommée la « reine bâtisseuse ») échangea le château de Chaumont-sur-Loire contre celui de Chenonceau en 1559 alors propriété de sa grande rivale Diane de Poitiers (qu’elle faisait appeler la « putain du roi »). C’est elle qui aménagea les galeries sur le pont pour en faire des lieux de réception fastueux et salles de bal en prenant pour modèle le pont bâti du Ponte Vecchio de Florence (Italie). Catherine de Médicis arrangea un second jardin avec de nouvelles plantations, créa un labyrinthe paysager et enrichit les décorations des pièces intérieures. Une porte et un escalier dérobés lui permettaient de se rendre dans la chapelle du château depuis ses appartements en toute discrétion pour participer à la messe ou pour prier sans être vue.
  • La belle-fille de Catherine de Médicis, Louise de Loraine, hérita du château inachevé à la fin du XVIe siècle. Cette reine de France devint veuve prématurément, à l’âge de 36 ans, suite à l’assassinat du roi Henri III. Pour noyer son chagrin, elle fit peindre les murs de sa chambre en noir dans laquelle elle se réfugia durant de longues années toute de blanc vêtue (le blanc correspondait à la couleur royale du deuil). C’est dans ce contexte funeste qu’elle hérita du surnom de « Reine Blanche ».
  • Au début du XVIIe siècle, une communauté monastique de 12 capucines occupèrent un couvent dans le domaine du château, conformément aux vœux émis par Louise de Loraine avant sa mort. Elles y vécurent une vingtaine années totalement coupées du monde extérieur (seul un pont-levis permettait d’accéder au couvent).
  • Louise Dupin et son mari firent l’acquisition du château de Chenonceau en 1733. Cette féministe s’illustra au siècle des Lumières en rédigeant un ouvrage encyclopédique sur la défense des femmes avec l’aide de Jean-Jacques Rousseau. Lors de la Révolution française, elle réussit à sauver le château de la destruction par la vindicte populaire en dissimulant tous les symboles du pouvoir royal (dont la fleur de lys).
  • Les cuisines du château sont disposées dans les piles du pont, au plus près du niveau d’eau de la rivière, car elles étaient approvisionnée par bateau grâce à un système de poulies. Un petit escalier caché menait à un quai de débarquement appelé « bain de Diane ». Il s’agit du lieu où Diane de Poitiers aimait se baigner quotidiennement dans le Cher pour entretenir sa beauté légendaire.
  • L’ancienne résidence royale de Chenonceau servit d’hôpital militaire de fortune pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale. Plus de 2 250 poilus y furent soignés aux frais du propriétaire du château, Gaston Menier, qui était à la tête d’une grande entreprise chocolatière française fondée par sa famille en 1816 (elle fut rachetée par la société Nestlé en 1988).
  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château de Chenonceau fut utilisé comme lieu de passage clandestin par de nombreux résistants. En effet, ce site détient la particularité d’avoir été coupé en deux par la ligne de démarcation séparant la zone du nord de la France occupée par les nazis de la zone libre au sud. Il s’agissait du seul pont pour traverser la rivière du Cher.
  • En 2019, le château de Chenonceau a fêté les 500 ans de la Renaissance en Val de Loire. Cet événement coïncidait avec les 500 ans de la naissance de Catherine de Médicis (née à Florence en Italie, elle épousa le roi de France Henri II au milieu du XVIe siècle). Le château profita de l’occasion pour dévoiler pour la première fois au public l’apothicairerie de la reine dans la galerie des Dômes (bâtiment faisant face au château). Entourée de savants et de scientifiques, Catherine de Médicis était passionnée de plantes médicinales. La direction du domaine a également repensé le jardin sous de nouvelles couleurs puis organisé une exposition spéciale sur l’héritière des Médicis.
  • En période de sécheresse, il arrive que les fondations en bois du château soient menacées par la baisse exceptionnelle du niveau d’eau du Cher. Pour y faire face, un barrage à aiguilles voisin (barrage de Civray) est relevé par les autorités pour remonter les eaux de la rivière et éviter que les pieux en bois supportant la structure du pont de l’édifice ne se fragilisent.
  • La région historique de Touraine a toujours attiré les rois de France en raison de la profusion de gibiers dans ses forêts, la présence de rivières navigables et sa proximité géographique avec Paris. Selon Caroline Darrasse (directrices des relations publiques du château de Chenonceau), cette ancienne province compterait un total de 3 000 châteaux en incluant des manoirs, pavillons de chasse, domaines seigneuriaux et gentilhommières.
  • Ce site privé est fréquenté chaque année par environ 1 million de personnes (dont la moitié émane de visiteurs étrangers composés de plus de 150 nationalités différentes). Pour profiter de conditions de visite plus fluides, optez pour la découverte des pièces intérieures du château de Chenonceau entre 12 h et 14 h. Durant les heures de forte affluence, il est toujours possible d’aller flâner dans le parc et les jardins, dignes d’intérêt.
  • Les chiens tenus en laisse sont admis dans le parc du domaine. Il est même autorisé de pénétrer dans les pièces intérieures du château avec son chien tenu dans les bras.
  • Un sentier menant à la rive opposée au château offre un point de vue magnifique, de l’autre côté de la rivière.
  • Un tour en montgolfière vous offrira une vue différente sur l’architecture du château et vous donnera un aperçu de la richesse du patrimoine bâti et historique de la région.

Où manger

  • Bistrot'Quai
    (bar à terrines)
  • Lezard Vert
    (étape familiale)
  • L'Orangerie
    (dans les jardins du château)

Où flâner

  • ZooParc de Beauval
    (un des plus beaux zoos de France)
  • Troglo Degusto
    (balade œnologique)
  • Art Montgolfieres
    (survol de Chenonceau)

Où séjourner

  • Clair Cottage
    (emplacement idoine)
  • La Maison de Famille
    (chambre d'hôtes de charme)
  • Auberge du Bon Laboureur
    (halte historique)